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Défendre notre territoire

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Philippe CALMEL

(Ancien Directeur de la Maison pour tous de Châtellerault)

12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 05:12

Peut-être pas excessives au regard du nombre impressionnant des morts de la Grande guerre.

Mais excessives:

- par leur coût en millions d'euros alors que notre pays est exsangue financièrement,

- par leur décalage avec la réalité: on veut traîner l'Allemagne par la main pour des manifestations mutuelles alors d'une part que chaque pays a son autonomie de déduction historique, de souffrance nationale et d'enseignement politique sur ces événements et d'autre part que nous commettons des bourdes diplomatiques monumentales dont parle très bien Alfred Grosser (retrait d'une bonne part de la brigade franco-allemande, fermeture de consulats français et d'instituts culturels en Allemagne, fermeture et vente de la Maison de France à Berlin, etc...),

- par leur oubli des autres pays qui ont donné de leur jeunesse au champ d'honneur (cf l'Angleterre et ses 20 000 tués le 1er juillet 1916 sur la Somme, le Portugal dont j'ai parlé avec Bedel et ses 14 000 morts sur la Lys, les anciennes colonies, etc, etc...),

- par cette thésaurisation du passé historique, cette hagiographie nationale "lissée", (quid des officiers grands et moyens qui ont envoyé nos soldats au casse-pipe par milliers, quid de l'honneur des mutins fusillés?...), qui cache notre incapacité à appréhender le présent et à imaginer le futur.

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 05:59

Alain Braconnier vient de publier chez Odile Jacob "Optimiste".

Il fallait avoir le moral pour l'écrire!

J'ai même appris qu'il existait une Ligue des optimistes de France dont Philippe Gabilliet, professeur de psychologie sociale, était le porte- parole, c'est donc sérieux; celui-ci dit (in La croix du 8 janvier) quelque chose de juste et d'éclairé: "Je milite pour un optimisme de but et un pessimisme de chemin. Le premier permet de porter la croyance qu'on va trouver une solution. Le second est un bel outil de lucidité qui aide à faire attention en chemin aux difficultés, à anticiper, à faire au besoin une pause."

Ce qui me rappelle deux citations connues:

- Winston Churchill: "Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité; un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté",

- Romain Rolland: "Je suis pessimiste par l'intelligence, mais optimiste par la volonté".

Je crois qu'il y a là, par ces réflexions, au-delà du miel que peuvent en faire des orateurs votifs ces jours-ci, une véritable philosophie, voire même une vérititable éthique de responsabilité politique.

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 03:34

Ah! Les fameux pigeons reviennent sur le tapis en même temps qu'ils restent sur les toits de la ville.

Voyez Saint Jacques, Châteauneuf (le zinc de l'église et les ardoises de la maison à côté du Bounty où ils sèchent par centaines), les toits du centre ville; ils entrent en multitude dans les étages aux fenêtres ouvertes et abandonnées (1), y pondent, y nichent, avec des déjections par mètres cubes, dont l'acide favorise le développement des parasites et l'assèchement les risques d'incendie; les pigeons détériorent aussi la pierre de tuffe qu'ils ingurgitent pour leur gésier.

Mais ces volatiles vont bien au-delà du centre ville,  on les voit par exemple au Petit Bordeaux installés en nombre dans le clocheton d'ardoises d'une ancienne brasserie à bière; certains retournent en groupes dormir vers Saint Sauveur après leur journée de travail en ville (donc pas si ramiers que ça!).

Mon programme 2008 s'attaquait à ce sujet; il semble qu'il y ait eu installation d'un pigeonnier entre la patinoire et les anciennes maisons du barrage EDF, mais c'est peu.

Certes l'entretien d'un pigeonnier dit municipal coûte environ 6 500 euros par an, et les campagnes de capture, quand il y en a, environ 3 500 euros, soit en gros 10 000 euros (33 centimes par habitant).

L'objectif de l'installation d'un pigeonnier, c'est la stérilisation des oeufs et l'alimentation en graines contraceptives, ce n'est donc pas rien en termes de prévention.

Tant pis pour Prévert et ceux qui, assis sur un banc public,  donnent des miettes à ces mignons volants.

Je connais un poète qui proteste!

 

(1) C'est donc toute une politique de lutte contre l''habitat dégradé qui doit se mettre en place, l'activité nuisible des pigeons n'étant que l'un des  signes extérieurs de l'abandon immobilier progressif du centre ville.

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 14:08

Jean Germain, le maire de Tours, a présenté ses voeux dans le grand salon majestueux de l'Hôtel de Ville.

Il a notamment déclaré: "notre ville n'est pas un agglomérat d'habitants mais un espace de civilisation urbaine."

Voilà ce que je voudrais entendre de notre prochain maire châtelleraudais. Il le sait!

En même temps que je venais de prendre au vol ces mots de Jean Germain dans la NR 37, je terminais un petit bouquin d'Octavio Paz, écrit en 1986, L'autre voix, Poésie et fin de siècle (Arcades, Gallimard, 1992). Le grand poète mexicain, prix Nobel de littérature 1990,  disait en conclusion que" tant qu'il y aura des hommes, la poésie existera"; "(cette relation) peut donc se briser, si l'imagination vient à mourir ou à se dégrader. Si l'homme oubliait la poésie, il serait condamné à s'oublier lui-même. ll retournerait au chaos des origines."

Je crois, pour notre ville, que nous en sommes là; il faut, pour la sauver (j'ai déjà écrit là-dessus ici), une poétique de la politique (et réciproquement), c'est-à-dire qu'il lui faut un regard  ressuscitant, un regard culturel qui passe par la poésie: poésie du verbe bien sûr, mais aussi poésie de l'urbanisme, poésie de l'architecture, poésie de  la restauration de la pierre et de l'ardoise, poésie du spectacle vivant, poésie de la mémoire vivante de ses rues et de ses gens, poésie de la rivière et des îles. Un regard, aujourd'hui, c'est seulement une grille d'égout; "la voirie a tué le voir", si je puis dire. Et ce qui s'édifie est hélas édifiant: c'est laid, horriblement laid. Parce que c'est sans culture, sans poésie, sans regard.

Alors, oui, nouveau maire, dessine-moi ... une ville.

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 05:46

Le Théâtre Populaire de Châtellerault, le cher TPC de Jean-Pierre Duffourc-Bazin, "remet le couvert" en février et mars -hors dimanches de vote!- avec trois pièces dont deux peuvent avoir un rapport avec la politique:

- pendant la campagne: "Chacun sa vérité" de Luigi Pirandello,

- le soir des résultats: "Le défunt" de René de Obaldia.

Tout cela à la Taupanne, évidemment, le fief de la troupe.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 04:37

Réquisitionné par Soeur Anne-Marie dans la chorale de Sainte Marie d'Ozon qui accueillait pour l'ensemble de la ville la messe du dimanche de l'Epiphanie, je me trouve à lorgner le bas de la porte métallique dite de secours (de secours, dans une église?!), derrière le tabernacle type petit placard en formica années 60. Au bas, pour contrer le vent, une protection cylindrique sur laquelle est brodée l'inscription "un ange passe". Excellent!

L'un des moments forts de la célébration fut la diction du Notre Père en autant de langues maternelles que de paroissiens présents: arménien, italien, plusieurs dialectes d'Afrique entre Cameroun et Congo, anglais, portugais malgache, ... Une grande émotion en ce dimanche qui était celui des Nations puisque les Mages les incarnaient -dont un que la légende présente probablement comme venant du continent africain-.

Du coup, à la suite, le Notre Père chanté en français dans une église comble où les paroissiens se tenaient par la main avait quelque chose de, disons-le, surnaturel et puissant.

Un ange passe.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 08:51

Après la Main jaune et le  succès que l'on sait, il se dit dans les milieux politico-artistiques informés que le sculpteur Francis Guyot s'attaquerait désormais à un autre projet monumental honorant le travail châtelleraudais et plus spécialement le monde des champignonnières, hélas défunt alors qu'il faisait vivre des centaines de femmes sur Antoigné, Thuré, la Socotra, etc...

Après la Main jaune, il s'agirait du Pied bleu, en référence orthopédique opposée à la première oeuvre et en clin d'oeil au champignon éponyme, lepista nuda, autrefois rhodopaxillus nudus.

D'après des indiscrétions, la création artistique se présenterait sous la forme d'un pied humain jusqu'à hauteur sous genou, recouvert et surmonté de la circonférence du champignon, le tout en bleu, et de même hauteur globale que la Main jaune.

Le projet demandera deux ou trois ans, et il faudra lui trouver un rond point de chute: entrée sud? rocade de Leclerc côté Antoigné?

Le mécénat d'entreprise a évidemment besoin d'un projet d'une telle envergure

pour s'exprimer et de nombreuses sociétés châtelleraudaises, et même au-delà, feraient des pieds et des mains pour y être associées.

Le débat ne fait que commencer!

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 03:32

L'Evangile de Matthieu (2, 1-12) est celui de l'Epiphanie et des Rois mages.

Que de chemin parcouru...

Je ne parlerai aujourd'hui que de l'horizontalité.

Joseph et les siens vont de Nazareth en Galilée à Bethléem en Judée; les Mages viennent d'Orient, depuis Babylone probablement, par un chemin qui les a conduits d'abord à Jérusalem chez Hérode, puis, "avertis en songe", ils retourneront chez eux "par un autre chemin".

"Averti en songe" à son tour, Joseph fuira avec la Sainte Famille en Egypte-là où avait séjourné le peuple d'Israël bien après Babylone-.

Puis retour à Nazareth avant que Jésus, peu prophète en son pays, ne voyage en Samarie et autres contrées hostiles, ne monte des montagnes, ne traverse des lacs et des rivières. 

Que de chemin parcouru en 21 ans à peu près, entre la "fugue"de l'enfant dans le temple de Jérusalem à 12 ans et le retour pour sa Pâque dans la même ville à 33 ans.

Pour nous tous aussi, sans le savoir toujours, que de chemin parcouru. Regardez en arrière.

Silence, on retourne...

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 03:18

La Ville a  accueilli deux manèges pour les fêtes.

Le premier, moderne, face à la mairie, portait Spiderman, Mickey, Oui-Oui, une voiture de pompiers, etc..., dans des matériaux plastifiés et des couleurs "flashies"; son tenancier, terne et silencieux, appuyait sur un bouton pour lancer les bandes-son du départ, de la queue du Mickey et de l'arrivée; son seul moment d'humanité (ou d'inhumanité) consistait en la gestion de l'attribution ou du retrait de cette fameuse queue du Mickey.

Le second, place Emile Zola, réplique neuve d'un manège ancien, abritait de nombreux chevaux "qui montent et qui descendent", un avion de 1914, un tacot, un coq superbe et même, oui, un cygne magnifique; sa tenancière, silencieuse elle aussi, se désolait du peu de fréquentation en comptant les souches déchirées de son carnet; outre l'emplacement, pas terrible en fond de place, le prix -comme son collègue- reste dissuasif pour nombre de familles locales (2,5 euros le tour, soit de l'ordre de 17 francs!!!).

Mais hélas, la musique diffusée par les deux était la même: celle des magasins franchisés de vêtements aux lumières criardes. Tout simplement horrible. Je ne suis pas pour le retour du tout limonaire non plus, mais la musique, c'est l'âme du manège!

Et quand, par accident sans doute, le bruit s'arrêtait et que le silence prenait place... ouf, quel bonheur!

Silence, on tourne...

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 05:55

Les Salons du Marais étaient pleins à craquer pour la Saint Sylvestre organisée par la dynamique Association "Venez danser rétro" avec l'orchestre Jacky Roger, l'un des derniers du genre. Entre deux plats -voire pendant l'un des plats!- les danseurs se sont démenés sur la piste. Le plus souvent par deux (valses, tangos, boléros, pasos dobles, javas, polkas, rocks, ...).

Cela m'a renvoyé à la lecture d'un excellent article paru dans le numéro de juillet-août 2003 du "Journal des psychologues", sous la plume de Michèle Aquien, professeur de stylistique et de poétique (ouaouh!!!) à l'Université Paris XII Val de Marne, intitulé "Au bal danser".

L'article est très sérieux et fait référence notamment à Lacan ("L'identification"). Sur le succès de la danse dans les thés dansants, je cite:

"Est-ce parce qu'elle permet, pas si obliquement, de re-poser quelque chose de la sexuation qui tend à être gommée par l'éducation indifférenciée donnée aujourd'hui aux garçons et aux filles, de faire entendre dans le corps la différence symbolique? Dans la fête du bal,  dans l'espace donné à la danse à deux, peut être ainsi reconstitué quelque chose de ce que la courtoisie, dans sa codification,avait permis de repérer du pas identifiant où se placent de manière vivable les positions d'homme et de femme." Ouaouh... (bis).Trop fort.

Il est vrai que dans la danse à deux, au-delà de la sexuation anatomique des corps, sont assignés publiquement des rôles et des postures de la sexualité en acte: c'est l'homme qui mène, c'est lui le "porteur", et, par exemple, comme il y a moins de vrais valseurs hommes, on voit des binômes de femmes (excellentes) valseuses se former. Oui, mais alors, qui mène? Vraie question pas que technique, mais diablement symbolique car l'une des deux doit abdiquer sa nature -ou sa culture, selon-. L'une des deux devient virile.L'autre "reste" femme et l'accepte devant tous.

Un changement aussi que l'article de 2003, déjà ancien, ne pouvait pas intégrer: il y a aujourd'hui-au grand désespoir des "vrais danseurs"- de plus en plus de "danses en ligne": le country, et le fameux madison, mis à toutes les sauces; elles permettent, au-delà de l'aspect grégaire et imitatif des gens, d'intégrer sur la piste des danseurs seuls, hommes et femmes; le cirtaki (écrit comme on voudra), où n'importe qui peut tenir la main de n'importe qui sans offenser, joue aussi ce rôle de l'indifférenciation sexuelle. Glissements progressifs du plaisir? Pas si vite...

Il reste en effet que deux hommes qui, pour "rire" évidemment, s'associeront quelques secondes sur la piste, mettront toujours mal à l'aise la mixité fondatrice de la danse.

Et puis il y a ceux et celles qui, irrémédiablement seul(e)s, s'échineront la nuit durant à ne danser que chas-chas, jerks,twists, charlestons, en plus des danses en ligne pour cacher cette solitude et cette relégation. "Pas de deux", pris cette fois dans un sens rétracté.

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