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Défendre notre territoire

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 00:17

La Croix consacre sa dernière page aux chansons de la guerre 14-18.

Il y a peu, c'était au tour de "Quand Madelon" de Louis Bousquet et Camille Robert, conçue en 1914.

J'ai entendu souvent cette chanson dans les repas de famille et les banquets de ma jeunesse, puis, par miracle, elle était la chanson de mon régiment, le 405 ème régiment d'artillerie à Hyères, dans le Var.

Nous défilions régulièrement en l'entonnant au pas; je la préférais de loin à "Contre les Viets, contre l'ennemi", évidemment.

Quand nous étions "punis" par les gradés, nous étions condamnés à faire devant eux des tours de caserne en chantant "Quand Madelon"; en tête de ma section, les poumons et la nostalgie déployés, j'adorais hurler "pour le repos, le plaisir du militaire, il est là-bas à deux pas de la forêt ...", etc ... certains des bidasses substituaient à "comme son vin son oeil pétille" autre chose que son oeil, mais ça passait dans le flot ...

Le colonel, qui en avait eu son saôul, vociférait après moi pour que je m'arrête et je faisais comme si je n'avais pas entendu ; encore un peu de "Nous avons tous au pays une payse que l'on attend et que l'on épousera ...".

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 00:09

Le président de la République, dit-on, n'aime pas les vacances. C'est dommage.

D'autant qu'il impose cette conception aux autres!

Car le temps des vacances nous met aussi face à nous-même; on imagine que la fonction ne permet pas la distraction totale, certes, mais être habillé plus souplement, ne pas avoir de pression d'urgence, se trouver dans un lieu différent et, surtout, se plonger dans des livres, en parler autrement avec les tiers de l'entourage, marcher sans but, avec un bâton à la main, connaître d'autres horizons, cela fait descendre en soi et c'est salutaire: vacances, vacance, vide.

On va à l'essentiel.

Le pouvoir aurait-il peur d'être confronté à lui-même?

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 09:54

En Argentine, la présidente des Grands-Mères de la place de Mai a retrouvé son petit-fils après trente-six ans; celui-ci est pianiste.

Cela m'a rappelé un souvenir du temps de la Centrale de Saint Maur, c'était en 1985; comme je l'ai déjà écrit ici, des artistes avaient coutume d'y venir. Cétait au tour du pianiste argentin Miguel-Angel Estrella de monter sur scène, seul avec son instrument.

On s'en souvient, Miguel-Angel Estrella, qui fut torturé, aime se soulever, interrompre son morceau, parler debout de ce que lui inspire le passage qu'il joue; il fit de même à Saint Maur, évoquant à un moment sa pampa natale.

D'un seul coup, un détenu caractériel se lève et interpelle vertement le musicien qui, à l'époque, était une sommité dans son art: "Hé, ho, toi, on n'est pas venu ici pour entendre des discours, alors tu retournes sur ton siège, tu te tais et tu joues!".

Miguel-Angel Estrella s'est en effet reposé sur son tabouret et il a presque fallu lui demander solennellement, très tard, de s'arrêter de jouer.

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 02:34

L'été, les vacances, période propice aux engagements ... lectoraux.

On se promet qu'on va relire Andromaque, le Rouge et le Noir, l'Education sentimentale, le Génie du Christianisme, le tout matiné de poésie, Eluard, Aragon, Desnos, Mallarmé, Louise de Vilmorin, ah oui, tiens, Patrice de La Tour du Pin.

On boucle les valises, on bourre le coffre, tout est prêt. Mais les livres, les livres! Parmi les centaines, les milliers même, pas un ne se détache. Jean Duvignaud, Christian Bobin, et puis des livres de sport. Ne pas oublier le bloc-note pour les projets d'articles, de conférences. Chercher l'inspiration face à l'océan ou aux gouffres montagnards.

"Que reste-t-il donc qui ne soit pas neuf, ou plutôt nul, ni percevable ni conçu, quelque chose que personne nulle part ni jamais n'a su?", écrivais-je il y a longtemps dans un de mes premiers textes publiés. Tout l'enjeu de l'écriture!

Un clin d'oeil à Catherine Braud et aux Editions des Prouvaires.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 01:12

Jean-Pierre Jammet célébrait samedi soir 2 août son avant-dernière messe à Lésigny. La multiplication des pains dans Matthieu. Homélie simple et élevée, comme toujours.

Notre prêtre, comme chaque année à ce moment, part quelques jours à Lourdes pour aider à la prise en charge des malades; il a déploré ne pas avoir trouvé de remplaçant pour le week-end prochain, citant tout de même des messes possibles à Descartes, Preuilly, la Bussière.

Manque de prêtres, non, de paroissiens!

Lors de l'envoi, Jean-Pierre Jammet a rappelé que le pape François, avant d'être pape, avait suggéré d'ordonner des hommes mariés -et non d'ordonner des prêtres qui se marieront-; l'idée emplit de doute notre curé local ...

Dernière messe à Lésigny avec lui le 30 août: ne pas lésiner sur Lésigny!

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 05:42

Dans les cadeaux de départ, il y a toujours, dans mon milieu, des livres.

On échappe il est vrai au vélo à sacoches pour Monsieur et à la plante caoutchouc pour Madame.

Les livres constituent des objets fétiches témoignant d'une amitié et d'une reconnaissance professionnelles, destinés à prolonger en autres lieux le souvenir de bons moments partagés.

Mais j'ai remarqué que souvent, celle ou celui à qui incombe la lourde tâche de l'achat au nom du groupe  ("dis, tu connais ses goûts?") achète d'abord ce qui lui ferait plaisir, à elle ou à lui; on se reconnaît en effet dans un livre et ce qu'on offre, au moins inconsciemment, est aussi une partie de soi; l'autre ne l'aimera que si on l'aime d'abord, soi. Je parle du livre, évidemment, pas de la personne, encore que ...

Offrir des livres est tout un art. Et l'acquiessement jubilatoire et heureusement surpris du récipiendaire, au moment du déballage, en est un, encore plus!

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 05:36

En allant au jardin, je ramasse des courgettes, des tomates.

Cette cueillette me rappelle un de mes anciens jugements du temps où j'officiais au tribunal d'instance de Châtellerault, il y a désormais plus de vingt ans.

Aujourd'hui, c'est le juge aux affaires familiales du TGI qui est compétent en matière de contribution aux charges du mariage, à l'époque c'était le juge d'instance.

Il y avait un procès entre un homme et une femme, toujours mariés mais vivant séparément, la femme demandant au mari une pension que l'intéressé, modeste ouvrier, prétendait ne pas pouvoir payer; sur mes questions il répondit qu'il avait un jardin -une "clôture" comme on dit ici-, des poules, des lapins, un cochon. Je rendis une décision longtemps commentée, "mixte", avec une légère base monétaire et une grande partie en nature, prévoyant le dépôt "sur le seuil de la maison commune" d'oeufs, de pâtés, de poulets préparés, etc ... et, au rythme des saisons, courgettes, salades, tomates, etc ...

Quelques mois après, l'avocat de la dame vint me voir, "mi-figue mi-raisin", en me disant: "avec votre jugement à la noix (sic), ils se sont remis ensemble!".

Là, on se dit qu'on fait un beau métier.

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 05:16

Fin juillet-début août, dans les administrations, chassés croisés de fonctionnaires non seulement pour les vacances mais aussi pour les mutations.

Tournées discrètes d'adieux et de serrages de mains, pots plus officiels, glissements furtifs de ceux qu'horripilent les discours, planques gastronomiques dissimulées pour initiés, etc ...

Et puis, ici ou là, quelques larmes, quelques sanglots, quelques yeux humides. Pourtant toutes et tous partent a priori  pour une destination et une fonction souhaitées; oui, mais, comme chantait Fugain,  "on laisse tous un jour, un peu de notre amour, sur une table-eu, dans le fond d'un café, sur une table-eu que l'on n'oublie jamais", et aussi dans le fond d'un bureau ou d'une salle d'audience sans doute.

Comme quoi on peut être affecté ... et .... affecté.

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:54

Nos routes de campagne de la Vienne sont jalonnées, ici ou là, de stèles commémoratives de la période août (plutôt fin août) 1944, témoignant du massacre individuel ou collectif de la population civile par les nazis remontant vers le front de Normandie et Paris.

Parmi ces victimes, plusieurs sortes: maquisards tombant au combat, maquisards prisonniers, otages, civils fusillés "gratuitement" ou en représailles, quel que soit leur âge, leur sexe, mais massivement des hommes tout de même.

Dans les maquisards, jeunes souvent, des combattants parfois maladroits, inexpérimentés, imprudents (le décalage entre l'attaque d'une voiture d'officier allemand et dix à quinze jeunes mitraillés laisse dubitatif sur l'opportunité de certaines opérations).

D'août 1914 avec la mobilisation à août 1944, en trente ans, nos campagnes ont ainsi été saignées et des familles ont hélas connu les deux périodes.

Je vois en ce moment dans le journal les préparatifs des cérémonies d'août 1944: surtout n'oubliez pas le chèque pour le banquet au restaurant après le vin d'honneur. Etrangeté des commémorations. En même temps, je sais qu'il y a l'émotion des retrouvailles -des témoins ou des survivants, ou leurs enfants, ne venant que pour ce rendez-vous, parfois de loin-, l'émotion de la fidélité et le repas, comme après un enterrement, comble non seulement les ventres mais les trous de l'histoire, de l'affection et du souvenir.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 00:48

Tous ces derniers jours, sous des procédures diverses, ma juridiction a vu des délinquants chevronnés, installés dans le temps sans rien faire d'officiel, venus de la région parisienne ou de pays de l'Est et qui écument nos provinces en pénétrant par effraction dans les pavillons périphériques pour y dérober ici des bijoux et du numéraire appartenant aux  familles, là du numéraire provenant des recettes des commerçants repérés de longue date.

Les bijoux sont triés le soir à l'hôtel et ceux en or sont écoulés en Belgique dans les jours qui suivent.

Autrement, de manière chronique, il y a les trafics de stupéfiants, juteux, les vols organisés dans les grandes surfaces d'hifi-video  la nuit ou le week-end, les vols plus minables dans les voitures pour y dérober ici GPS, là autoradios, qui seront revendus sur des marchés clandestins, dans des boxs ou ailleurs.

Toute cette économie frauduleuse représente une production et un écoulement importants qui contrecarrent et obèrent l'économie régulière dont les chiffres sont faussés; on comprend mieux aussi pourquoi beaucoup rechignent à accepter un CDI qui les fait commencer à 7 heures du matin pour 1 500 euros par mois, une misère; j'oserais dire,en joignant mes paumes ouvertes sur la table, paraphrasant qui vous savez, concernant ces chiffres délinquantiels en redoutable hausse, hélas, que "la croissance, elle est là".

J'avoue qu'enqêteurs et magistrats, face à cela, nous nous sentons comme des pompiers face à une forêt en feu, avec nos petits arrosoirs en plastique faisant la queue devant un robinet au goutte à goutte.

 

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