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Défendre notre territoire

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(Ancien Directeur de la Maison pour tous de Châtellerault)

8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 11:43

Chez un bouquiniste, j'ai trouvé pour deux sous le numéro 2 des "cahiers de poésie" 1944; quel bonheur!

Des inédits de Léon-Paul Fargue, Joé Bousquet, Jean Paulhan, Pierre Seghers, Paul Eluard, Marcel Béalu, Blaise Cendrars!

Cendrars a donné "Feuille de route" pour ce numéro 2 de la revue, plusieurs textes racontant poétiquement un voyage maritime.

L'un d'eux est intitulé "Rire":

"Je ris

Je ris

Tu ris

Nous rions

Plus rien ne compte

Sauf ce rire que nous aimons

Il faut savoir être bête et content"

C'était exactement notre sentiment l'autre soir dans un restaurant châtelleraudais, héros de 2008 restés fidèles.

Oui, rire fait du bien, pour rien, pour des bêtises. Les temps sont si durs. Ah! Rire! Rire! Rire avec les siens!

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 16:48

La réforme territoriale présentée est très combattue.

Des régions administratives qui initialement n'étaient déjà pas "provincialement" évidentes unies à d'autres aussi incongrues pour former des entités nouvelles, surprenantes soit par leur grandeur soit par leur cohabitation interne délicate, d'autres qui demeurent étrangement intactes; des départements qui seront supprimés à l'horizon 2020 mais en maintenant pour 2015 les élections des futurs conseillers territoriaux de ces départements en sursis; une clause de compétence générale qui disparaît puis reparaît; etc, etc...

Des intercommunalités annoncées qui mettront à mal ou à néant nos communes qui sont le maillage, le ciment de la démocratie locale ET nationale, bien qu'on soit tous d'accord pour dire que certaines n'ont plus aujourd'hui suffisamment d'ancrage démographique et politique pour justifier une existence juridique et budgétaire moderne.

De tout cela le peuple souverain est pour l'heure exclu, tout semble se décider en dehors de lui; une France découpée sans consensus populaire ne pourra qu'affaiblir le sentiment d'unité nationale puisque personne ne se reconnaîtra dans ces grands ensembles sans identité. Ne plus se reconnaître dans l'Europe, dans la Nation, dans la Région, dans la ville, .... cela fait beaucoup.

Certain ancien élu poitevin d'importance apprécie le nouveau découpage Poitou-Charentes-Limousin-Centre Val de Loire en rappelant que de son temps, dans les années 60 à 70, cette superficie recouvrait le champ de chalandise de l'Université de Poitiers; peut-être mais on ne peut pas comparer la dispense d'un enseignement universitaire d'il y a cinquante ans avec les compétences attendues aujourd'hui et demain d'une région; j'ajouterai en clin d'oeil que ce nouveau territoire correspond à l'ancienne circonscription de la Protection Judiciaire de la Jeunesse telle que je l'ai connue, dont la direction régionale était basée à Orléans (je me souviens que son directeur, Mr Légeron, était maire de Rouillac, en Charente, à l'autre bout de son territoire PJJ), mais là aussi rien n'est comparable avec le "poids" politique et stratégique d'une région contemporaine.

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 05:18

GERBES -pour le 6 juin 1944-

 

 

Alignement parfait des tombes militaires

plages de Normandie Omaha Arromanches

John, Paul et Jim où sont-ils donc les beaux dimanches

avec vos fiancées fleurissant les parterres

 

Pour qui êtes-vous morts arrivant sur ma terre

et déjà mitraillés (car ils tenaient le manche

les Teutons du Far-West / vous étiez les Comanches)

tant massacrés qu'on ne sait plus qui on enterre

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 19:00

Avec le recul de plus de 30 ans au sein du Ministère de la justice -administration pénitentiaire puis services judiciaires- je crois avoir quelques idées sur la question.

Longtemps, la justice des majeurs s'est inspirée de la justice des mineurs, notamment en matière de connaissance de la personne jugée (enquête sociale, expertise psychiatrique ou examen psychologique); mais elle n'est pas allée au bout de certains emprunts.

Je pense en particulier aux centres  éducatifs renforcés et aux centres éducatifs fermés, qui sont la "case" dissuasive avant la prison, qui forment l'espérance de ne pas y tomber un jour; il n'y a pas d'équivalent pour les majeurs, et c'est dommage. En effet, l'immense majorité des condamnés incarcérés n'aspire pas à l'évasion et les coûteux miradors (en matériels et en occupation humaine) sont peu "rentables" de fait.

Il vaudrait mieux consacrer partie de l'argent englouti dans l'immobilier sécuritaire classique à des projets que j'appelle des "hôtels pénitentiaires" -certes fermés ou semi-fermés-, à petits effectifs, qui viseraient avec un personnel pluridisciplinaire motivé un travail d'insertion véritable (hygiène, horaires, politesse, formation, budget, cuisine, éducation, travail, psychologie, approche de l'alcoolisme, de la toxicomanie, sports, liens familiaux, etc...). 

La prison, qui reste indubitablement un échec de la société, ne garderait que les cas posant réellement problème, soit par la durée de la peine, soit par la dangerosité supposée ou réelle, soit par la nécessité de préserver l'extérieur; mais, déchargé des situations transférées en "hôtels pénitentaires", ce qui se ferait en prison serait de fait plus personnalisé et plus attentif.

J'attends, un jour, ce vrai débat de civilisation: le sens de la peine. Que signifie aujourd'hui, dans nos sociétés, la privation de liberté?

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 00:24

Un homme d'Etat? Jadis l'expression désignait un homme (c'était bien avant Simone Veil) qui présentait des qualités hors du commun pour conduire une politique et/ou mener un pays. Mendes France, Chaban Delmas, par exemple, étaient de ceux-là.

Aujourd'hui? Cherchez...

La mixité de la vie politique n'a rien changé à l'appréciation, hors Simone Veil justement.

Ce qui faisait l'homme d'Etat, c'était d'abord la rareté de ses interventions; sa parole, dès lors, portait; elle était souvent pertinente, juste, forte; c'était ensuite l'absence de mélange des genres dans ses apparitions publiques.

Aujourd'hui, la communication continuelle et d'ubiquité a remplacé la pensée et l'homme politique se produit souvent entre un mannequin, un clown et un représentant de la vulgarité médiatique. De fait non seulement il n'a rien à dire, et si jamais il avait quelque chose à dire, on l'interrompt au bout de cinq secondes de phrase annoncée, mais en plus on ne l'entend pas... et quand on se souvient de son nom à défaut de ses fonctions, on l'assimile en effet à un passant du show business. Dispersé dans les rédactions  et les loges à maquillage, il ne sera jamais un homme d'Etat, au mieux un clown, plus souvent Auguste que blanc d'ailleurs.

Notre démocratie se meurt de ce poison de la notoriété apparente qui signe durablement la fin des hommes d'Etat.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 05:41

On ne vit pas de la politique sans interruption depuis 1977 au moins -sans compter les années de "formation" au sein de la famille- sans risquer le pari confortable de la dépolitisation pour être réélu. C'est le tour de force et d'intelligence qu'a réussi Jean-Pierre Abelin pour être de nouveau maire de Châtellerault cette année alors que les pronostics locaux lui étaient plutôt défavorables.

Il n'y a pas eu que le "contre-effet Hollande" mais bien d'abord une habileté à s'inscrire NATURELLEMENT aux commandes de la Ville en s'abstrayant de toute idéologie, même modérée, pour ne faire que dans le gestionnaire et le visible (voirie, béton, "déplacements immobiliers", pas beaucoup de "panem" mais beaucop de "circenses"); à côté, par exemple, l'enjeu vital de la démocratie de proximité ne pesait rien et doublement rien ( 1- les gens délèguent tout , "on vous a élus pour ça", 2- à quoi bon des contre-pouvoirs alors que plus de la moitié des gens ne votent pas au principal?).

L'idée pourtant éclatante et enfin rassurante politiquement que des écologistes, des communistes, des socialistes et des radicaux fassent alliance pour gouverner la Ville signait malheureusement d'entrée -et nous ne le savions pas- la mort dans l'oeuf d'un tel projet qui prétendait redonner  à la démocratie politique ses lettres ... de noblesse -si l'on peut dire ...-.

Jean-Pierre Abelin, insidieusement, par un timing ciblé d'inaugurations au cordeau sexagénaire et plus, avait modifié la règle du jeu: il jouait simplement aux dames pour ne pas dire aux billes pendant que nous jouions intellectuellement aux échecs.

Comment combattre désormais sur six ans ("oh putain six ans!") l'inintérêt politique collectif chronique et l'installation héréditaire (père, mère, fils) du pouvoir local avec en ligne de mire pour celui-ci la préparation à l'accession de la quatrième génération?

C'est là le piège au long cours de la dépolitisation. Ajoutons-y le fait que dans l'inconscient historique français qui ne s'est pas affranchi de l'Ancien régime -"not' bon maître"-, la gauche reste toujours illégitime à gouverner et quand elle accède aux responsabilités y est taxée plus aisément d'incompétence que la droite, qui elle, bien sûr, ne fait pas de politique, puisqu'elle y est naturellement autorisée sinon ointe depuis toujours.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 05:39

Ah! Découpage dans un sens, redécoupage dans l'autre. Les enjeux sont énormes car je crains qu'à Châtellerault, déserté par le nouveau tracé ferroviaire, quoi qu'on en dise officiellement, nous ne devenions le croupion d'une future grande région: l'Aquitaine nous considère comme quantité négligeable, la Bretagne et les Pays de Loire idem, et l'Orléanais, comme le Limousin, nous saisit mal.

Aux dernières nouvelles le Président de la République évoquerait notre "jumelage" avec le Centre -Oléans-.

D'un point de vue sensible, culturel, j'aime pratiquement tous les pays de France que j'ai traversés et où j'ai vécu, travaillé.

Mon improbable région: je me sens d'abord d'Anjou, de Touraine, des Deux-Sèvres du nord au sud (département pourtant créé ex nihilo), d'Aunis et de Saintonge et du Berry, puis, en second, de la Creuse, de la Haute-Vienne, jusqu'à la Corrèze même, mais pas trop de la Vendée où j'ai pourtant des racines lointaines, ni du Blésois ou de l'Orléanais que je connais bien car le Tribunal de Tours, comme celui de Blois, dépend de la Cour d'Appel d'Orléans où je me rends régulièrement. Je ne peux pas dire pourquoi, c'est ainsi.

Bien sûr je renonce, même si des rois en auraient accepté le principe éparpillé, ... au Lot et au Tarn et Garonne que j'adore, le premier par ses pierres ensoleillées, son sol aride, ses vignes sur la caillasse, le second parce que Jean-Michel Baylet a su y conserver un paysage de polyculture à l'ancienne, et qu'il y règne une certaine douceur de vivre (angevine, mais avec le soleil!).

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 05:30

Il y a une semaine j'ai adressé à la presse pour le compte du Parti Radical de Gauche un texte relatif au succès du vote FN. Comme le précédent sur le traité TAFTA et sur la réforme territoriale, sauf erreur de lecture, il n'a pas eu l'heur d'être diffusé. Voici ce texte:

"Le succès du vote FN, y compris dans les campagnes les plus reculées, marque un seuil lugubre dans notre histoire, celui de la domination de la peur de l'autre et de l'irrationnel sur l'accueil du prochain et sur l'argumentation raisonnée; les partis politiques "classiques", qui ont toujours fondé leur action sur une espérance de mieux-être et sur une doctrine positive, sont rudoyés par le FN qui prospère sur les catastrophes annoncées et sur le rejet global et négatif de tout, sans débat possible. Si on y ajoute une abstention  massive et progressive, on peut légitimement penser que nos institutions représentatives sont en péril. L'enjeu n'est pas qu'immédiatement votatif, il est à long terme éducatif, culturel et de philosophie politique: au travail!""

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 08:14

J'avais écrit ici un article intitulé "Pour une poétique de l'action publique".

Hier soir à la Gornière, mon voeu a été exaucé par l'association des Marocains de Châtellerault qui, sous la houlette de Khalid Elbaïss, avait décidé de relier par la musique la ville "d'une rive à l'autre", autrement dit des Renardières à la Plaine d'Ozon.

C'est cela, la poétique de l'action publique, réussir une entreprise politique -la paix dans la cité- en sortant des cadres administratifs et fonctionnels: par la fraternité mise en actes.

Le groupe local "les fils de la lune" en était la colonne vertébrale, avec des morceaux de sa composition ou bien accompagnant chanteurs de raï, de slam, conteuse et Khalid Elbaïss lui-même, grimé en conteur, en chanteur et même en "suppliant" de l'amour; la voix du coeur est universelle et les plaintes du gitan, du chanteur de raï, du berger de l'Atlas ou du slameur francophone portent un tréfonds commun qui vous saisit.

En repartant, alors que la musique évidemment ne cessait pas, la lune entrait en son premier quartier finement ciselé sur un ciel tricolore et doucement dégradé; "les fils de la lune" avaient semé des étoiles.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 14:16

Chasse au "communautarisme" oblige, le FN châtelleraudais va  sans doute guetter les associations subventionnées qui ne sont pas franco-françaises (jusqu'à quelle génération? Par le père? Par la mère?...).

Je m'inquiète notamment pour les Portugais de Châtellerault (football) et Châtellerault Acadie Québec (jumelage), et même pour les associations de sports martiaux qui ont leur origine dans la culture d' extrême orient et doivent certainement cacher des communautarismes secrets... 

D'autres clubs de football locaux ont une identité "régionaliste" (la Réunion, la Plaine d'Ozon avec Sit' en Mouvement) et vont faire le dos rond, mais leurs membres sont de nationalité française. Ouf ...

Mais, gens du FN, que dire des "Amis du Vieux Poitou", summum du communautarisme historique local?!!!

Il nous reste donc, pour combattre l'idiotie et l'ignorance, l'arme de l'humour.

Non, vraiment, s'il est une communauté qui m'inquiète, c'est bien  celle de l'électorat FN.

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