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Défendre notre territoire

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 04:20

Notre Dame de Laus, près de Gap. Les hautes Alpes.

Ici, de 1664 à sa mort en 1718, une bergère, Benoîte Rancurel, a vu la Vierge, avec des interruptions évidemment; des témoins dignes de foi -un juge, c'est dire, deux prêtres et un ermite- ont consigné régulièrement sur des registres les manifestations de ces apparitions sur la bergère (paroles, visage, extases, gestes, etc...). Ces textes, accessibles à l'oratoire, sont d'une précision juridique exceptionnelle.

Contrairement au deux petits voyants de la Salette (à une heure de voiture), Maximim et Pascaline, à qui la Vierge n'apparaîtra qu'une fois, deux siècles plus tard, et qui seront quasi "irrécupérables", Benoîte Rancurel s'est impliquée abondamment dans le pélérinage qui immédiatement s'est massivement mis en place, acceuillant personnes en souffrance, malades, pécheurs convertibles et princes ébahis de cette simplicité étrange.

Monseigneur Di Falco, évêque bien connu, donne aujourd'hui à Laus, dans son évêché de Gap et d'Embrun, une notoriété nouvelle.

Nous y étions l'autre jour, partis tôt matin en auto sous le soleil de Chartreuse, prêts pour grimper la montagne trois heures plus tard jusqu'au col de l'Ange, là où Benoîte Rancurel combattit le Diable; nous nous étions préparés depuis si longtemps pour cette lutte! Mais l'orage se mit à gronder, le ciel (le Ciel?) devint noir, funeste et funèbre, il tonna, la grêle en billes redoutables se mit à tomber drue, les cieux craquaient, la pluie devenait amazonienne, les éclairs zèbraient le noir d'une électricité terrifiante, les indigènes nous dissuadèrent sagement de progresser.

Fallait-il avoir reçu tant de grâces pour que le Ciel lui-même nous dispensât d'aller batailler contre le Diable au col de l'Ange, nous qui avions décidé pourtant de nous "jeter à Laus"...

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:38

Scandales à rebondissements, vase de Pandore de l'argent public jeté par les fenêtres.

L'attrait de la course au pouvoir puis de sa conservation étant à son comble, vu les prébendes par ondes généreuses et les deniers ruisselants qui en découlent, je ne crois guère à l'efficacité de tout renforcement des dispositifs en faveur de la transparence financière de la vie politique et des partis déclinés en courants, clubs, écuries, anti-chambres, "pépinières" et instituts divers.

Il y aura toujours de l'illégal ou de l'immoral à côté de l'officiel. Tant que les conditions ne changeront pas, la fraude et le gâchis seront les maladies nosocomiales des mandats. Et je ne parle pas des emplois fictifs, des copains qu'il faut recaser, des scrutins de listes laxistes, des commissions bidules inutiles pour donner des hochets rémunérateurs, etc...

Je peux heurter mes amis politiques, y compris dans mon propre camp.

C'est simple: il faut que la politique cesse d'être un métier à l'infini, dans le temps et dans l'espace, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir y entrer depuis le privé aussi aisément que depuis le public et en sortir sans souci pour recouvrer un statut professionnel et social non-politique qui soit évidemment reconnaissant de l'expérience acquise; certes beaucoup n'ont rien fait avant la politique et ils ne pourraient rien réintégrer selon ce schéma ...

Redonner le pouvoir au peuple, que ses représentants en soient réellement issus.

Dix-douze ans de vie politique me paraît un seuil correct. Passer la main, faire entrer d'autres générations, d'autres parcours, d'autres formations initiales, d'autres métiers. De l'oxygène, de la clarté: c'est le mouvement, le renouvellement des gens qui éviteront les dérives, les abus. Et, comme pour les fonctionnaires d'autorité, quitter son poste après un inventaire contradictoire de son activité et de son budget.

Hymne à l'éthique et tout le saint  frusquin républicain solennel seront vains tant que l'on n'aura pas mis fin au bipartisme global mortifère, au cumul des mandats et au quinquennat. Commençons par un septennat non renouvelable, ce sera un signe fort de non appropriation du pouvoir, de non privatisation du pouvoir. L'exemple vient d'en haut.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 04:43

La Saint Jean d'été, la fête de Saint Jean Baptiste, marquait en campagne, comme la Saint Michel, une date d'engagements et de règlements.

Dans les villages de montagne, les feux de Saint Jean demeurent une tradition vivace; les villes, en certains quartiers, s'y remettent, mais "le coeur n'y est pas". D'ailleurs les pompiers sont là, sécurité oblige.

Le feu de Saint Jean est certes de nature mythique, au solstice, il marque un passage rituel du temps; comme pour le Bonhomme Carnaval, il embrase aussi tout ce qu'on veut bien y mettre de peurs, de déceptions, d'échecs, mais il possède surtout une fonction éminemment sexuelle, doublement.

D'abord les jeunes hommes "font les cons", les intéressants devant les jeunes filles, voulant prouver leur virilité de base en sautant dangereusement par-dessus et au-delà des flammes, certains s'exposant à des dommages réels; puis les filles, quand les braises sont plus rassurantes, se mettent elles aussi à franchir le foyer johannique, assurées que le feu entre leurs jambes sera gage de fécondité et de "normalité". Certes, qui trop embrase mal étreint ...

De tout cela, sauf "en singeant", que reste-t-il de la Saint Jean?

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 04:05

En marchant dans la montagne, sac au dos, chaussures adaptées, il vous arrive parfois de songer à votre ville, au temps qui s'y écoule sans vous, hors de vous. La lecture rapide en diagonale du journal quotidien au retour nous restituera des choses qui nous paraîtront alors sans intérêt, mais vraiment sans intérêt à côté de l'immensité de la Création et de la puissance de la montagne dans l'esprit de Charles-Ferdinand Ramuz, mon auteur suisse de chevet.

Je reste persuadé depuis toujours que Châtellerault possède une âme collective supérieure que notre politique locale pépère et morcelée ne peut pas rassasier et la montagne m'y fait songer, cette fois à la manière de Georges Bernanos (1) dans " le journal d'un curé de campagne", paru en 1936: les foins se font en ce moment en montagne, l'odeur en est enivrante. Bernanos écrit à ce sujet: "Les petites choses n'ont l'air de rien, mais elles donnent la paix. C'est comme les fleurs des champs, vois-tu. On les croit sans parfum, et toutes ensemble, elles embaument."

Oui, Châtellerault pourrait donner une immense fenaison enivrante elle aussi, si un jour un politicien à la fibre rustique sachait en rassembler les fleurs qui, isolément, ne sentent rien, ou presque.

(1) Bernanos repose pas très loin de chez nous, à Pellevoisin, après Buzançais, sa mère étant originaire du Berry.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 03:53

En contre-bas d'où nous étions logés, deux troupeaux de vaches paissaient tranquillement.

Comme autrefois, les vaches leaders portaient des cloches savoyardes qui tintaient sans arrêt -hors la pause,allongées en groupe sous les noyers-; c'est une musique reposante, une xylophonie bovine quasiment céleste, angélique.

La nuit, quand l'insomnie interrompt vos rêves, la musique cuivrée des cloches invisibles vous remet dans le sens du sommeil, en paix. Sans ruminer.

Là-haut, dans l'axe de la montagne, les moines chartreux prient pour vous dans la nuit scintillante d'étoiles, et tout près, les troupeaux font d'étranges enfants de choeur agitant rituellement la sonnette pour une liturgie nocturne intemporelle.

Que demander de plus?

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 13:47

A l'entrée de la Chartreuse, mais détourné de la voie principale, un petit village de rien du tout, isolé, sans attrait particulier, Voissant.

Une curiosité: sur le mur de l'église, à côté du portail d'entrée, un cadran solaire, sur lequel est inscrit: "La vie d 'un homme est une ombre qui s'enfuit". Brrrr...

Inquiétant, surtout que face à l'église, à l'entrée de la voie qui s'en écarte est indiqué, en grosses lettres, "sans issue".

La destinée est verrouillée.

Qui voit Voissant ....

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 01:02

C'est le 19 septembre 1846 que deux petits bergers, sur les hauts de la Salette-Fallavaux, sur des flancs arrides, une adolescente et un gamin, qui parlaient à peine le français, rencontrèrent une seule fois dans une montagne perdue à 1 800 mètres "une belle dame dans la lumière", qui leur rapporta, en pleurant, les malheurs de son fils, peiné de ce qui était -déjà- la déchristianisation des moeurs.

Elle portait, sur sa poitrine, les instruments de la passion, le marteau et les tenailles.

C'est la seule apparition dite de Marie, dans le monde, où la mère du Christ pleure.

Il existe, dans la chapelle Est de Saint Jean l'Evangéliste à Châteauneuf, un beau vitrail de cette apparition.

Plus de 150 ans après, la foule est toujours présente à La Salette, avec de nombreux pélerins des pays de l'Est.

Il n'y a pas l'aspect "marchands du temple" de Lourdes, juste une boutique du sanctuaire, avec une librairie de qualité. On sent que les gens ne viennent pas ici en touristes. Ils cherchent la paix.

Au-dessus, le Mont Gargas, mon petit Sinaï, mon petit Mont des Béatitudes.

Là-haut, où la vue circulaire sur les Alpes du sud  se mérite, franchement, beaucoup de choses des civilités vous paraissent dérisoires.

L'essentiel, simplement; y lire "La messe sur le monde", de Pierre Teilhard de Chardin, que l'on peut trouver in "Hymne de l'Univers", dans la collection Livre de vie. Tout y est dit en effet pour vivre.

Miracle de La Salette.

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Published by Gilles MICHAUD - dans Billets d'humeur
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 05:47

Chaque fois, notre hôtesse, excellente cuisinière, nous fait goûter les plats locaux.

Il en est un tout simple que nous aimons, les diots, que nous allons chercher dans une boucherie de village bien précise.

Ce sont des saucisses fumées mais moins que la Montbéliard, un peu plus petites que la saucisse de Toulouse.

On met les diots dans le panier de la cocotte-minute; au fond, des pommes de terre épluchées, de l'ail, des oignons, un bouquet garni, un peu de vin blanc, un peu d'eau -pas trop!-.

Tout cela va cuire avec les diots qui vont répandre leur graisse en contrebas. Sublime, facile.

Le repas se termine toujours par d'excellents fromages de montagne dont mon préféré, l'Abondance, acheté dans ce qu'on appelle une fruitière (coopérative) auprès d'une jeune vendeuse qui avait mis sa poitrine d'été.

Elle est pas belle, la vie?

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Published by Gilles MICHAUD - dans Billets d'humeur
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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 05:17

Archibald est le taureau de la ferme en contrebas où nous allons chercher le lait. Comme autrefois, avec un petit bidon en fer blanc.

Depuis des années, Archibald règne paisiblement et avec une autorité naturelle sur le troupeau des vaches qui lui sont confiées.

A vrai dire, malgré mon insistance, quand il vient au bord du jardin de nos amis séparé par un fil électrique (enfant j'essayais de toucher, maintenant j'ai renoncé), je ne suis pas parvenu à engager la conversation avec Archibald; une vache mouchue, parfois, faussement pensive, paraît sonder mes interrogations. Mais le mystère s'arrête là.

Il y a des animaux qu'on ne voit pas dans les cirques et ce sont, étrangement, des animaux de la ferme: poules, moutons, vaches. C'est une question: pourquoi?

Il est arrivé à Archibald ce qui arrive souvent à des taureaux reproducteurs, il s'est démis l'épaule en faisant son office, l'agriculteur en a eu pour cher de vétérinaire. Ce n'est pas ce qui risque d'arriver à l'inséminateur. Sacré Archibald!

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 05:39

Annecy, superbe ville, son lac d'un bleu angélique, l'influence italienne, comme des canaux, des arcades.

C'est dans ce secteur qu'ont oeuvré Jeanne de Chantal et Saint François de Sales.

Saint François de Sales, fort célébré en Savoie, est le patron des journalistes; le premier, il a conçu des "tracts" à glisser sous les portes pour convertir les gens.

Il y a d'ailleurs un intéressant groupe salésien de laïcs à Châtellerault, que je remercie de nous a voir emmenés, il y a déjà dix ans, à l'Ile Bouchard, en l'église Saint Gilles, et qui nous permit, par l'entremise du Père Charles Fazilleau, de rencontrer Jacqueline Aubry, l'aînée des petites voyantes de la semaine mariale du 8 décembre 1947.

Tout se tient en deux mots!

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