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Défendre notre territoire

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 05:42

Dans les cadeaux de départ, il y a toujours, dans mon milieu, des livres.

On échappe il est vrai au vélo à sacoches pour Monsieur et à la plante caoutchouc pour Madame.

Les livres constituent des objets fétiches témoignant d'une amitié et d'une reconnaissance professionnelles, destinés à prolonger en autres lieux le souvenir de bons moments partagés.

Mais j'ai remarqué que souvent, celle ou celui à qui incombe la lourde tâche de l'achat au nom du groupe  ("dis, tu connais ses goûts?") achète d'abord ce qui lui ferait plaisir, à elle ou à lui; on se reconnaît en effet dans un livre et ce qu'on offre, au moins inconsciemment, est aussi une partie de soi; l'autre ne l'aimera que si on l'aime d'abord, soi. Je parle du livre, évidemment, pas de la personne, encore que ...

Offrir des livres est tout un art. Et l'acquiessement jubilatoire et heureusement surpris du récipiendaire, au moment du déballage, en est un, encore plus!

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 05:36

En allant au jardin, je ramasse des courgettes, des tomates.

Cette cueillette me rappelle un de mes anciens jugements du temps où j'officiais au tribunal d'instance de Châtellerault, il y a désormais plus de vingt ans.

Aujourd'hui, c'est le juge aux affaires familiales du TGI qui est compétent en matière de contribution aux charges du mariage, à l'époque c'était le juge d'instance.

Il y avait un procès entre un homme et une femme, toujours mariés mais vivant séparément, la femme demandant au mari une pension que l'intéressé, modeste ouvrier, prétendait ne pas pouvoir payer; sur mes questions il répondit qu'il avait un jardin -une "clôture" comme on dit ici-, des poules, des lapins, un cochon. Je rendis une décision longtemps commentée, "mixte", avec une légère base monétaire et une grande partie en nature, prévoyant le dépôt "sur le seuil de la maison commune" d'oeufs, de pâtés, de poulets préparés, etc ... et, au rythme des saisons, courgettes, salades, tomates, etc ...

Quelques mois après, l'avocat de la dame vint me voir, "mi-figue mi-raisin", en me disant: "avec votre jugement à la noix (sic), ils se sont remis ensemble!".

Là, on se dit qu'on fait un beau métier.

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 05:16

Fin juillet-début août, dans les administrations, chassés croisés de fonctionnaires non seulement pour les vacances mais aussi pour les mutations.

Tournées discrètes d'adieux et de serrages de mains, pots plus officiels, glissements furtifs de ceux qu'horripilent les discours, planques gastronomiques dissimulées pour initiés, etc ...

Et puis, ici ou là, quelques larmes, quelques sanglots, quelques yeux humides. Pourtant toutes et tous partent a priori  pour une destination et une fonction souhaitées; oui, mais, comme chantait Fugain,  "on laisse tous un jour, un peu de notre amour, sur une table-eu, dans le fond d'un café, sur une table-eu que l'on n'oublie jamais", et aussi dans le fond d'un bureau ou d'une salle d'audience sans doute.

Comme quoi on peut être affecté ... et .... affecté.

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:54

Nos routes de campagne de la Vienne sont jalonnées, ici ou là, de stèles commémoratives de la période août (plutôt fin août) 1944, témoignant du massacre individuel ou collectif de la population civile par les nazis remontant vers le front de Normandie et Paris.

Parmi ces victimes, plusieurs sortes: maquisards tombant au combat, maquisards prisonniers, otages, civils fusillés "gratuitement" ou en représailles, quel que soit leur âge, leur sexe, mais massivement des hommes tout de même.

Dans les maquisards, jeunes souvent, des combattants parfois maladroits, inexpérimentés, imprudents (le décalage entre l'attaque d'une voiture d'officier allemand et dix à quinze jeunes mitraillés laisse dubitatif sur l'opportunité de certaines opérations).

D'août 1914 avec la mobilisation à août 1944, en trente ans, nos campagnes ont ainsi été saignées et des familles ont hélas connu les deux périodes.

Je vois en ce moment dans le journal les préparatifs des cérémonies d'août 1944: surtout n'oubliez pas le chèque pour le banquet au restaurant après le vin d'honneur. Etrangeté des commémorations. En même temps, je sais qu'il y a l'émotion des retrouvailles -des témoins ou des survivants, ou leurs enfants, ne venant que pour ce rendez-vous, parfois de loin-, l'émotion de la fidélité et le repas, comme après un enterrement, comble non seulement les ventres mais les trous de l'histoire, de l'affection et du souvenir.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 00:48

Tous ces derniers jours, sous des procédures diverses, ma juridiction a vu des délinquants chevronnés, installés dans le temps sans rien faire d'officiel, venus de la région parisienne ou de pays de l'Est et qui écument nos provinces en pénétrant par effraction dans les pavillons périphériques pour y dérober ici des bijoux et du numéraire appartenant aux  familles, là du numéraire provenant des recettes des commerçants repérés de longue date.

Les bijoux sont triés le soir à l'hôtel et ceux en or sont écoulés en Belgique dans les jours qui suivent.

Autrement, de manière chronique, il y a les trafics de stupéfiants, juteux, les vols organisés dans les grandes surfaces d'hifi-video  la nuit ou le week-end, les vols plus minables dans les voitures pour y dérober ici GPS, là autoradios, qui seront revendus sur des marchés clandestins, dans des boxs ou ailleurs.

Toute cette économie frauduleuse représente une production et un écoulement importants qui contrecarrent et obèrent l'économie régulière dont les chiffres sont faussés; on comprend mieux aussi pourquoi beaucoup rechignent à accepter un CDI qui les fait commencer à 7 heures du matin pour 1 500 euros par mois, une misère; j'oserais dire,en joignant mes paumes ouvertes sur la table, paraphrasant qui vous savez, concernant ces chiffres délinquantiels en redoutable hausse, hélas, que "la croissance, elle est là".

J'avoue qu'enqêteurs et magistrats, face à cela, nous nous sentons comme des pompiers face à une forêt en feu, avec nos petits arrosoirs en plastique faisant la queue devant un robinet au goutte à goutte.

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 00:05

Le 31 juillet 1914, Jean JAURES était assassiné par un déséquilibré, Raoul VILLAIN, qui lui reprochait d’être un obstacle majeur à la guerre, laquelle allait immédiatement venir en effet.


En ces temps de lutte des salariés de FABRIS qui passent, quand ils manifestent, avenue Jean JAURES, une pensée particulière pour celui qui, orateur atypique, sans exercer de responsabilités politiques majeures en dehors d’être député du Tarn, influa durablement et encore, puisque tout le monde le cite, sur la vie politique française, notamment par sa direction du Parti socialiste et par la fondation du journal l’Humanité.

 

Les Radicaux de gauche lui rendent aujourd'hui un hommage particulier; je voudrais dire aussi qu'on peut mourir des mots et que l'acte de Villain, certes déséquilibré, a fait suite à des campagnes de calomnie contre Jaurès, Péguy -que j'aime autrement pour sa poésie et pour une certaine forme de christianisme- n'étant  hélas pas en reste dans l'ignominie.

 

Rajout: Jean Jaurès fut assassiné dans un café, le Croissant; un de nos célèbres établissements châtelleraudais portait ce nom (une pensée pour Jean Darnet qui en fut l'inestimable patron, toujours à son marché en ville); je me suis souvent demandé si l'appellation le Croissant  était liée à la fin tragique de Jaurès ou à toute autre cause.

 

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Published by Gilles MICHAUD - dans Billets d'humeur
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 01:26

Loches fait partie de ces villes dont on moque sans rien en connaître l'inintérêt apparent ou l'ennui provincial.

Or la cité lochoise a su non seulement mettre en valeur le passé  c'est-à-dire son coeur historique, le château, la collégiale Saint Ours, l'évocation d'Agnès Sorel, de Vigny, les rues anciennes qui montrent d'ailleurs un commerce vivant, mais aussi promouvoir l'actualité.

Le créneau choisi est intelligent: celui des costumes de cinéma, de théâtre et d'opéra, dont une vingtaine issus du tournage de la Reine Margot de Patrice Chéreau;  on y apprend qu'Agnès Sorel avait mis à la mode le décolleté (et plus, comme on sait!) et favorisé l'importation de tissus rares et précieux, que la longue robe de mariée avec sa traîne de sept mètres du film la Reine Margot  a été conçue dans une soie très légère pour qu'Isabelle Adjani puisse la supporter pendant le tournage.

Moi je dis "Chapeau!" pour les responsables culturels lochois et pour le Conseil général, maître d'oeuvre, tout cela est fort habile et donne une image très fine de la cité royale.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:21

De permanence pénale en ce moment et passionné depuis toujours par la résolution de faits divers compliqués, je trouve intéressant le débat récent sur la fin de Van Gogh, le 29 juillet 1890.

ll meurt après 48 heures d'agonie dans la chambre qu'il occupe à l'auberge d'Auvers sur Oise; depuis toujours on considère que, deux jours plus tôt dans un champ de blé, il s'est volontairement tiré une balle de révolver dans la tête.

Des auteurs, Steven Naifeh et Gregory White Smith, in "Van Gogh", chez Flammarion, considèrent qu'il a été grièvement blessé accidentellement par deux adolescents qui jouaient avec l'arme et que, dépressif, il a choisi de les "couvrir"; ces passionnés du peintre s'appuient sur la trajectoire de la balle et sur les derniers mots de Van Gogh aux enquêteurs le questionnant sur la véracité de son intention suicidaire: "Je le crois. N'accusez personne d'autre."

Au fond, ce "suicide tacite assisté", révélé tardivement, collait bien à la malheureuse trajectoire du peintre à ce moment de sa vie.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 06:08

La Croix vient de terminer une petite série consacrée aux habitats français qu'elle a clôturée par les villas fantastiques et kitsch du bord de mer, construites à partir du XIX ième siècle.

Cela m'a ramené à l'un de nos axes municipaux de 2008 (1), à savoir la création d'un conservatoire de l'habitat, chargé de recenser et de faire protéger nos maisons d'exception: songeons par exemple aux maisons gascondes de l'avenue Foch sur la gauche après la Fauvette, aux maisons art-déco de l'avenue Treuille côté droit depuis la gare, aux maisons cossues des années 1960 square Benoit du Rey (avec avant la très belle maison Sutter rue Villevert) ou rue de l'abbé Longer, à celles aux charpentes ouvragées des Boules bleues et de la maison en face, aux anciennes petites usines de Châteauneuf, au Printania avec son fronton du "bal de la cité", etc ...

Les pierres sont une mémoire vivante, prenons en soin.

Je salue à ce sujet les visites estivales du cimetière Saint Jacques, riche en monuments insolites (je pense en ce moment à la tombe du sieur Guillemot qui a sa rue perpendiculaire à l'avenue Leclerc); c'est une bonne idée.

 

(1) Je dis "nos" car nous étions encore quelques uns ensemble en amitié samedi soir à  refaire le monde, et la ville ...

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 05:59

Le positionnement du centre est toujours délicat car ses cohortes, souvent intelligentes, n'ont pas assez de poids pour gouverner seules, et, de fait, en dehors de quelques emprunts du style Jean-Marie Rausch par François Mitterrand en 1988, le centre a tendance massivement à pencher à droite.

J'adore ce qu'écrit Hervé Bazin à ce sujet dans un livre que j'avais beaucoup aimé lors de sa première lecture (j'avais noté: Rochefort, 1981), "Le matrimoine". Passionnant.

Le héros, si on peut l'appeler ainsi, jeune avocat de la bourgeoisie angevine des années 1950, fait le tour de sa belle-parenté et des opinions politiques de l'un, dit: "On admire ses convictions politiques, fortement centripètes, surtout lorsque le centre apparaît fortement dextrogyre."

On ne peut pas mieux dire, avec habileté.

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