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Défendre notre territoire

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 07:18

Après le 14 juillet mythique et la prise symbolique de la Bastille quasiment vide, vient le temps de la rédaction de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui, pour la première fois, décrit un homme juridique, un peu virtuel, avec des droits constitutionnels de l'individu dans la Nation.

La deuxième étape de la France juridique, ce sera le préambule de la Constitution de 1946: cette fois le texte décrit un homme réel, un homme social: on y parle de santé, de travail, d'inter-générationnel, d'hommes et de femmes, de travail, de formation professionnelle, etc ... Très beau texte.

La troisième étape, c'est la Constitution de 1958 qui décrit la France comme une République indivisible, laïque, démocratique et sociale: en ces quatre mots, tout est dit.

Le 14 juillet doit donc se fêter bien sûr comme une rupture avec l'Ancien régime, bien que le Roi soit encore respecté, mais aussi en pensant à la filiation qu'il a engendrée et sur laquelle nous vivons aujourd'hui. La France, pays de grands textes!

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:43

Chaque année autour du 14 juillet a lieu le désormais célèbre colloque de Ronce où se réunissent d'anciens juristes de la faculté de droit de Poitiers pour se livrer à des travaux de réflexion que peu de séminaires abordent en cette saison.

Bien sûr, entre les pins et la brise marine, entre les livres échangés avec affection, les souvenirs affluent de leurs anciens amphithéâtres cocasses ou ennuyeux et de la pratique assidue du football près de l'aéroport de Biard -ou de la pétanque au parc de Blossac- quand les cours devenaient franchement répétitifs ou trop austères. De tels divertissements, évidemment au sens pascalien, ne les ont pas empêchés de faire la brillante carrière que l'on sait.

L'apothéose vient avec  la retransmission télévisée du Tour de France, toujours montagneux à cette époque, après que les moules marinières et les langoustines dégustées sur un vin de blanc de Loire versé avec insistance aient produit sur certains leurs effets de somnolence.

ll n'existe malheureusement (ou heureusement) pas d'actes de ces colloques, les participants comptant avec conviction sur les ressources infaillibles de leur mémoire vigilante et tenace.

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 01:20

Longtemps considéré comme une période d'obscurité des arts, des mœurs et de la civilisation, le Moyen-Age redevient à la mode et il n'est pas un village -La Roche Posay le week-end dernier, Angles sur Anglin et Lusignan le week-end prochain- qui n'ait désormais dans ses rues une animation estivale avec ses artisans forgerons, vitriers, tanneurs, ses chevaliers en heaume et bouclier, ses gentes dames, ses sorcières et ses cracheurs de feu. A Nouaillé Maupertuis, à Montbazon, on joue à la bataille avec catapultes, remparts et meurtrières.

Le Moyen-Age nous renvoie peut-être inconsciemment, en tant que longue période entre les gallo-romains et la Renaissance, à ce que nous sommes présentement, en interrogation entre passé à comprendre et futur à inventer. Et puis n'avons-nous pas aujourd'hui comme au Moyen-Age nos suzerains, vassaux, féodalités, lois particulières, ennemis à exterminer (ce sont d'autres croisades), anathèmes et autodafés? Nos bûchers médiatiques, nos piloris judiciaires n'ont rien à envier à ceux qui réduisaient en cendres et exposaient leurs victimes désignées. Aujourd'hui il n'en manque pas qui seraient jetés à l'eau dans un sac avec un coq et un serpent!

Il reste l'amour, que l'on disait courtois d'un côté mais qui vantait de l'autre la qualité des ceintures de chasteté. Alors, retour au moyen-Age?!!!

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 01:03

Il importe sans doute peu pour Blaise Pascal lui-même qu'il soit béatifié, lui qui voulait mourir dans un hôpital de pauvres, mais le Pape François aurait récemment répondu favorablement à cette éventualité.

La procédure en béatification, si elle était menée, remettrait au cœur de nos pensées la démarche de cet homme hors du commun: philosophe de la raison ET de la foi, bibliste, mathématicien, physicien, inventeur de la machine à calculer, etc ... et chrétien converti  au cœur de la nuit du 23 novembre 1654. Comme Paul Claudel, plus tard, le sera la nuit de Noël 1886 à Notre Dame de Paris. On a retrouvé cousu dans le vêtement de Blaise Pascal, à sa mort, un texte parmi les plus beaux, les plus puissants et les plus  limpides écrits sur la foi, qui se termine par "joie, joie, joie, pleurs de joie". Sublime. Il y avait bien sûr parfois un penchant janséniste, mais qui était le signe de sa recherche d'une pureté du cœur et de la pensée, en dehors du fameux "divertissement".

La béatification de Blaise Pascal provoquerait inévitablement  la rediffusion de ses "Pensées" et des "Provinciales", et cela nous ferait le plus grand bien en ces temps de troubles et d'incrédulités.

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 06:30

Beaucoup de crimes parfois anciens ne sont toujours pas résolus. Certains sont oubliés, prescrits, d'autres mobilisent encore l'actualité judiciaire et médiatique, comme l'affaire dite du petit Grégory où se sont accumulés tous les errements intellectuels, juridiques et journalistiques.

Il m'est arrivé d'avoir entre mes mains, au parquet ou à l'instruction, des affaires odieuses, et notamment une, qui date de presque 17 ans, et qui n'a jamais été résolue, avec une mort d'homme qui me reste sur le cœur; j'y pense souvent. Les professionnels de l'enquête et de la justice doivent au mort la vérité sur les circonstances de sa disparition cruelle. Le corps autopsié, devant vous, représente bien plus qu'un élément matériel d'investigation.

La principale difficulté, on l'a vu avec l'affaire dite d'Outreau, c'est l'emballement intellectuel quand enquêteurs et magistrats, quasi inconsciemment, partent sur une piste "romanesque", "cinématographique" qui leur paraît être crédible puis devient progressivement, parfois rapidement, insidieusement, la seule imaginable: commence alors la trame malheureuse de l'erreur quand on fait coller à cet imaginaire idéal des bribes de faits, d'indices et de propos alors que c'est le mouvement rationnel inverse qu'il faudrait appliquer; le pire est quand l'aveu des uns et des autres constituant la seule "preuve" possible cède devant les rétractions et les revirements. A partir de là, c'est fini, on ne connaîtra probablement jamais la vérité. Comme un pull dont les premières mailles sont manquées. Faits divers, la difficile résolution.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 05:18

Début juillet sonne le moment des départs dans l'administration, départs à la retraite et mutations, parfois en avancement.

Si ces derniers respectent encore les traditions du "pot" et des cadeaux, il n'en est pas de même, et de plus, pour les départs en retraite; en effet beaucoup de fonctionnaires choisissent désormais de partir définitivement de l'univers professionnel dans la discrétion, en silence, sans cérémonie; ils laissent entendre qu'ils ne supportent pas les hypocrisies des discours convenus, les nécrologies "de son vivant" où le partant, j'allais dire le disparu, est paré de toutes les vertus et de toutes les qualités par une hiérarchie de mauvaise foi devant un public qui compte nombre d'ennemis et de mauvaises langues. Ce n'est pas faux. Et pour quels souvenirs?

Demain, dans un an, dans cinq ans, qui se souviendra d'eux? Pas grand'monde, et c'est assez logique, le temps tourne, les gens changent , la roue des "hamsters publics" ne conserve aucune image. Je me souviens avoir lu dans le journal local il y a deux ans que le Parquet de Poitiers venait (c'était présenté comme une première!) de signer une convention avec l'Académie pour lutter contre l'absentéisme scolaire; or en 1997 j'avais été, au même Parquet, la cheville ouvrière de la convention originelle à ce sujet. J'avais même été décoré des Palmes académiques pour cette innovation  et le même journal en avait pondu un article ... Le temps avait fait son œuvre, personne ne se souvenait de moi ni de mon travail dix huit ans avant. Donc, sur le fond, l'absence de discours de départ a ses légitimes défenseurs.

Je me souviens d'un président de Tribunal qui n'avait pas souhaité ce cérémonial convenu; mais il avait pris soin, avant son départ, d'aller toquer à la porte des bureaux de ses collègues et avait remis à chacun en cadeau, en tous cas à ceux qu'il appréciait, un livre dont il pensait que le contenu était fidèle aux convictions ou aux intérêts personnalisés des dits collègues. Très émouvant, et très sincère, en vérité.

Le jour venu, que ferai-je?

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 00:51

Un an après la mort du Père Jacques Hamel à l'âge de 86 ans en plein sacerdoce, le journal La Croix offre pendant presque dix jours un portrait quotidien d'un prêtre âgé.

Il est très touchant de rencontrer ces hommes souvent obscurs, humbles, discrets, retraités, mais pour beaucoup célébrant encore la messe, y compris dans la maison de retraite qui les héberge, ces hommes qui ont donné toute leur vie au Christ et aux autres, en renonçant à la paternité génétique mais en ayant à leur manière "enfanté" tant et tant de chrétiens, tant et tant de familles. Leur témoignage constitue une immense leçon sur la durée d'un engagement, dans une époque plutôt faite de zappings, de renoncements épars et de perditions successives.

On peut également lire le bel ouvrage de Pierre Adrian "Des âmes simples" aux éditions Les Equateurs, récit d'accompagnement d'un curé de 75 ans dans la vallée d'Aspe. Une foi à soulever les montagnes. Oui, ces "petits curés" dont on parle si peu sont comme des lucioles dans nos fossés perdus.

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 22:22

 Entre Tours et Châtellerault je lis Giono qui parle des moissons dans les Alpes de Haute Provence tandis que les moissonneuses batteuses s'activent de chaque côté de la voie ferrée:  Massey Ferguson, New Holland, etc ... les marques éternelles s'emploient à engloutir les champs de blé, régurgitant séparément les grains et la paille.

Je songe aux moissons de mon enfance quand nous attendions la venue de la batteuse, au loin, depuis la ferme précédente, La Fontaine, chez Raoul Drault.  Avant, le blé avait été fauché avec les chevaux et mis en gerbes. Mon père oeuvrait au-dessus de la machine de marque Merlin dans la poussières des balles. Jeannot Drault, le fils de Raoul, en Hercule, montait à l'épaule les sacs de grains au grenier. La sueur masculine se répandait partout dans la chaleur et la terre soufflée. Au cœur de l'après-midi, je portais aux hommes le miget frais dans des cruches.

Le soir, au repas de batterie, Jeannot troquait les sacs de blé contre son violon et nous jouait des valses de Vienne; mon grand-père chantait "Sur les bords de la Riviera"; les moissons d'aujourd'hui sont sans doute bien loin de tout cela. J'ai probablement connu un temps plus proche de Giono!

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:03

Lecture éblouissante de ce chef d'œuvre de Jean Giono écrit en 1935, hymne à la nature et à l'amour entre les hommes, en même temps que je descends, une fois encore, la Vienne en canoë, du Pont Henri IV à celui de Dangé Saint Romain, un de mes enfants en proue, moi en poupe, ramant avec mon sang acadien qui rend génétique ce doux glissement sur l'eau.

Enfilade de l'île Sainte Catherine, la profondeur "abyssale" aux rampes de Vaux, la marche forcée au moulin de Thé, obligés de tirer le canoë entre les pierres vives. Martins-pêcheurs, hérons, hirondelles, libellules nous accompagnent sur l'onde noire et c'est un ravissement; depuis l'eau les paysages sont vus autrement; inutile de partir au bout du monde, l'Amazonie est là, la Gaspésie -ô surtout la Gaspésie-! est là; le rêve est à portée de pagaie.

Sur une île à Ingrandes -qui veut dire "entre deux eaux"- une petite pause: contempler, boire, manger un peu, lire quelques lignes; la Vienne s'élargit et ressemble à une petite Loire, vraiment; avant Dangé, la rivière s'est déportée à gauche au fil du temps (trente, quarante ans) et vient presque remettre au bord gauche de la berge l'île dite depuis toujours "l'île à Manceau" où des jeunes, immanquablement, aiment se baigner dans les cris des filles aspergées. Arrêt à l'ancienne baignade de Dangé, là où une légende tenace dit qu'Aliénor d'Aquitaine, en fuite, quitta la rivière pour rejoindre la terre, chemin de la Gravelle. Au loin, à partir du pont, la Vienne s'étire et semble un fleuve. Que ma joie demeure.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 07:53

"Habitat et humanisme", à Lyon, invite les enseignants en français qui prennent en charge des immigrés d'Afrique et de Syrie, à parfaire leur formation à la vie française et à la langue de notre pays en partageant avec eux des moments "civilisationnels", comme le pique-nique ou la partie de pétanque.

Cela m'a fait repenser à une activité choisie par les éducateurs de l'ESAT René Jaud de Châtellerault: justement la pétanque, pratiquée sur la place Ferdinand Buisson, avec les gens ordinaires: la pétanque, art de maîtriser la force et la distance, art de la complémentarité  de l'équipe, art de l'anticipation, apprend aussi à compter et à gérer retard et avance.

La pétanque, patrimoine immatériel de l'humanité!

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