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Défendre notre territoire

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(Président du PRG, ancien Ministre, Sénateur, Président du Conseil Général de Tarn et Garonne)

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(Députée du Tarn et Garonne)

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(Président d'une association caritative)

Philippe CALMEL

(Ancien Directeur de la Maison pour tous de Châtellerault)

11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 14:04

La France est "divisée" sur la réforme territoriale.

Il y a peu, pour me changer les idées, je reprenais un de mes nombreux Alphonse Allais: "Le Captain Cap, ses aventures, ses idées, ses breuvages". Les idées du Capitaine Cap, candidat improbable à des élections parisiennes d'alors, sont en fait son programme politique d'envergure nationale, au moins.

Au chapitre IX, voici en effet le "projet de nouvelle division pour la France".

C'est assez simple: douze tranches latitudinales comme autant de fuseaux horaires portant  chacune le nom d'une heure de l'horloge, de 1 h à 12 h chacune, à son tour divisée en 60 "minutes". Ceci aurait l'avantage, selon cet excellent Captain Cap, de pouvoir toujours dire, avec l'accent: "je suis du Midi".

Et dans le sens des longitudes, sept zones portant le nom d'un jour de la semaine, de lundi au Finistère au dimanche à Belfort ... Ainsi Paris deviendrait: jeudi, 5 h 20.

Ceci éviterait les contestations, comme ces gens d'Availles-Limouzine qui se sentent confolentais, charentais du nord, plus que poitevins et encore plus que montmorillonnais, ou ces gens du Loudunais qui se croient de l'Anjou parce qu'ils ont l'appellation Saumur.

Non, non, c'est un Captain Cap qu'il nous faut, carré, direct, objetcif, neutre.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 06:12

J'ai été très heureux que la ruralité, enfin, fît l'objet d'un ministère.

C'est Sylvia Pinel, Radicale de Gauche, qui, avec le logement et l'égalité des territoires, en a la charge.

Elle a fait de la lutte contre la fracture territoriale une priorité de 2015: développement du numérique (aucune zone inaccessible pour la téléphonie, accélération du haut débit) , revitalisation des centres bourgs (54 communes tests), 200 millions d'euros d'augmentation de la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR) pour les communes engagées dans une démarche de revitalisation, 6 000 communes bénéficiaires du prêt à taux zéro pour travaux de rénovation, démultiplication des réseaux de services et maintien d' une présence physique dans les territoires, maisons pluridisciplinaires de santé, nouvelle génération de contrats de plan Etat-Région 2015-2020 dotée d'une enveloppe de 12,5 milliards d'euros.

C'est à nous, ensuite, sur le terrain, de ne pas seulement gémir, mais d'espérer, en montant ensemble de bons projets transversaux, en les défendant bien, en regroupant les élus promotteurs (le non cumul des mandats devenant une richesse, un souffle!) et en rendant compte de manière transparente du montage des dossiers et de leur suivi.

La ruralité ne peut pas seulement être nostalgique, réduite à des fêtes des battages et à des Saint Blaise (Dieu sait cependant si j'aime ces ambiances intemporelles), elle doit être moderne, entreprenante et entrepreneuse, active, tonique, démocratique.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:27

C'est parti pour l'installation de la video-surveillance (pardon: protection) à Châtellerault.

Je ne nie pas qu'elle soit quelquefois intéressante en termes criminologiques: j'ai jugé la semaine passée à Tours un bon dossier en ce sens, mais c'était un épiphénomène.

Pendant un mandat, le maire a résisté tranquillement aux arguments politiques et techniques de l'opposition soutenue par un regroupement d'associations et de partis militants dont le PRG.

Maintenant, financement aidant et climat "terroriste" généralisé (la police ...  municipale va être dotée de gilets pare-balles!), il passe à la phase active; c'est d'autant plus aisé que le premier mandat a été consacré à plaire, à séduire l'opinion dans le confort d'aménagements superbes (ancien théâtre, hôtel Alaman) et de spectacles grandioses (berges de la Vienne, fééries de Noël); la méfiance, si méfiance il y avait par rapport à un procédé qui touche aux libertés individuelles, la méfiance est désormais relâchée.

Le public endormi consentira à tout et, c'est bien connu, si la video surveillance ne fait pas peur aux délinquants encapuchonnés, elle rassure les honnêtes gens. C'est bonus!

Du grand art de psychologie politique.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 03:27

Les Acadiens ont eu du mal à s'implanter sur Archigny avant la Révolution et partout ailleurs en France, notamment à Belle-Ile, et la plupart sont repartis.

Les mauvaises langues disent que cela faisait tant d'années que de port en port, de pensions en pensions royales, les anciens marins ou laboureurs avaient quasiment disparu au profit des oisifs, des malades ou des contestataires.

C'était oublier un peu vite les morts des chasses à l'homme dès 1749 mais surtout en 1755, ceux des naufrages en mer et des privations.

Ceux qui parvinrent si difficilement à Archigny, dont mes ancêtres Brault, et y restèrent, étaient de bonne mentalité, mais pas faciles à "manier".

En effet, en Nouvelle France, les Acadiens avaient appris la liberté par rapport à leurs aïeux du Poitou, inféodés, manants, serfs; là-bas ils devenaient propriétaires en s'installant où ils voulaient sur des terres vierges et excellentes, pêchaient le homard et le saumon pour eux,  ne payaient pas d'impôts, s'entr'aidaient, désignaient directement leurs "délégués" qui réglaient litiges et menues affaires et les représentaient devant les autorités.

A Archigny, ils retrouvèrent un pays morcelé, limité, aux terres pauvres et un régime de corvées, de taxes et de charges à l'identique de ce que leurs ancêtres avaient connu en quittant Aulnay, La Chaussée et Martaizé 150 ans plus tôt.

Ils ont porté l'Acadie dans leur coeur avec cette immense liberté.

Je suis un Acadien, je me sens terriblement Acadien dans cette diaspora spirituelle et, malgré les pérégrinations, les épreuves, les aléas politiques que j'ai connus, par analogie, je crois profondément à une "Acadie citoyenne", ici et maintenant.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 19:30

Les départementales s'annoncent dans un contexte difficile: 50% d'abstention a minima, un discrédit de la politique et, pour le reste, la tentation du vote "grenade explosive" -tant pis s'il ne reste rien-.

Face à une droite implantée, il est essentiel de raisonner utile, de savoir qui, à gauche, est à même de mettre le tenant droitier en échec; quand le tenant est à gauche, il n'est pas davantage nécessaire de lui compliquer la tâche en lui mettant en adversaire un binôme camarade-vert.

Le système de remboursement des frais de campagne, assez généreux en France, favorise ces candidatures latérales, pour le fun, puisque ces candidats savent qu'ils n'ont aucune chance objective de gagner.

Le risque, on le connaît, c'est de provoquer des duels de second tour UMP-FN puisqu'on sait déjà que le FN, avec ses affiches Marine Le Pen, quels que soient les noms du binôme  figurant dessus -inconnus ou d'ailleurs- fera un score important, et que l'abstention favorise le vote conservateur, les seniors globalement plus à droite votant avec régularité.

A gauche, que cherche-t-on?

J'avoue que tout cela me laisse pantois, quand je connais au plus près la situation si délicate de tant de gens de nos territoires: elle revendique autre chose que du Monopoly politique.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 06:01

Bien sûr, le "concentré" d'intervention des attentats de janvier a marqué l'opinion, l'identité connue de certaines victimes aussi.

Mais nous devons ne pas oublier les morts antérieurs, tous aussi innocents dans ce genre d'actes homicides collectifs.

Je termine l'auto-biographie de Pierre Mauroy  ("Ce jour-là", Michel Lafond, 2012). L'ancien premier Premier ministre de François Mitterrand, dans les duretés de l'exercice du pouvoir, évoque, sur sa relative courte période de responsabilité au plus haut niveau, quelques mortelles tragédies qui le marquèrent:

- le 29 mars 1982, une bombe dans le train le Capitole (Carlos),

- le 15 juillet 1983, une bombe à Orly (Armée secrète arménienne de la libération de l'Arménie, ASALA)

- le 31 décembre 1983, des bombes dans le TGV Marseille Paris et à la Gare Saint Charles (Carlos).

Avant cette période, il y eut la rue des Rosiers, etc ...

Ne pas avoir la mémoire courte, l'émotion ne doit pas chasser l'histoire.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 13:21

A l'heure qu'il est, je ne connais pas l'issue du scrutin législatif de Montbéliard, mais cette semaine écoulée a sonné comme un signal d'alarme.

Certes, face à l'extrème droite, le thème du front républicain, aujourd'hui, n'est guère crédible ou sincère, bien trop inconsistant, puisque le Front national est un parti autorisé et comment penser, légitimement, que, dans sa masse,  une bonne part des personnes qui votent pour lui n'auraient pas, in petto, un peu de républicanisme au ventre?

Mais, alors qu'en 2002, la gauche est allée  comme un seul homme voter Jacques Chirac (oh, que c'était dur!) pour faire échec à Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui, pour ce scrutin partiel, la droite se coupe en deux (au moins), entre ceux qui, comme Juppé, ont une culture gaulliste et disent que s'ils étaient localement inscrits ils voteraient pour le candidat socialiste, et les (jeunes surtout) droitiers durs, nouvelle génération, adeptes courageusement du ni-ni, ménageant l'avenir d'une "grande droite nationale"...

Cela donne une idée de ce qui pourrait nous arriver, demain.

Ce que je tire comme leçon prospective de ce comportement, c'est que, pour peser efficacement sur ce futur grand bloc de "droite populaire", dérivant vers l'extrême droite, il nous faut ensemble réfléchir à la nécessité d'une force active de centre gauche, puissante, la fameuse maison commune de Manuel Valls, maison commune qui relègue d'ailleurs dans les vieux rêves l'extrème gauche, aiguillon, mauvaise conscience, mais seulement cela. La Grèce nous en a déjà, en peu de jours, montré les limites d'exercice du pouvoir.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 05:42

Aux supporters explicites ou implicites du sénateur du chauvinois qui s'amusent à rire sous cape du fait que je ne serais pas du canton, je voudrais rappeler avec drôlerie deux petites choses:

- le dit sénateur a été maire de Chauvigny sans cesser d'habiter sa demeure de Morthemer,

- le même a continué à présider quelque temps aux destinées de l'association des maires de la Vienne ... en n'étant pas maire: trop fort!

On s'en "cantonne" à cela?

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 05:27

J'ai lu et évoqué ici les récents ouvrages parlant du non-respect  de l'homme envers les animaux -Giesbert, Ricard et autres- , surtout dans l'aspect élevage et abattage industriels.

On a l'impression que la dénonciation, dans cette ampleur, est nouvelle.

Etonnement, en lisant en ce moment "Paul Claudel, maître spirituel pour notre temps - conférences de carême de Fourvière 2005- " (1) que d'y trouver des pages consacrées par cet auteur dès les années 20 à l'élevage industriel, comme au Danemark celui des vaches, des porcs et des poules notamment, à la pollution des usines de Pantin "qui pissent l'acide", à l'urbanisme vertical new yorkais peu respectueux des hommes, etc ...

Claudel ne mâche pas ses mots par rapport au "gardiennage" de la Création qui nous fut confié, et c'est évidemment fort bien écrit.

Les meilleures pages figurent dans "Au milieu des vitraux de l'Apocalypse" et dans "Conversations dans le Loir et Cher".

 

(1) Pour les Châtelleraudais, il y en a encore un stock dans un magasin connu en bas du marché quai du Château (vente de produits liquidés ou saisis), entre des gadgets et des bouteilles de vin à nitrites. Plus quelques autres pépites (une biographie de Chopin, par exemple).

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 20:12

On dit que les politiques ne fréquentent les marchés qu'en période d'élections; je l'ai souvent vérifié à Ozon le mercredi matin sur ce marché où le conseiller général titulaire ne mettait jamais les pieds pendant six ans, sauf en mars d'avant scrutin, prêt d'ailleurs à se "cailler". Incroyable!

C'est pourquoi, ce matin, seul comme un grand, je suis retourné (j'y vais au moins une ou deux fois par an) au marché de Chauvigny,  pour faire mes courses, incognito; l'occasion pour moi d'échanger avec des commerçants châtelleraudais (le fleuriste face à a la mairie et le célébrissime fabricant de boudins de Saint Sauveur, autant dire chez moi!); de fait je n'ai pas croisé de politiques! Qu'est-ce que c'était bien!

Les noms des magasins m'ont rappelé aussi ma jeunesse footballistique avec les Rosier -chausseur- et Pilate -bijoutier-, sacrés joueurs quand le SOC devait les affronter.

Un temps de recueillement à l'église Notre Dame, sa paix intérieure, le souvenir d'un beau mariage ici quand j'étais magistrat du Parquet; des noms d'avocats poitevins dans des cabinets secondaires de fortune ( Aupetit, Giroire Revalier) sur des plaques modestes. Des gens appréciés.

J'ai aimé cette sortie solitaire à la Simenon, feutre noir et manteau gris. On sent que les secrets transpirent aux persiennes.

A plus, Chauvigny!

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