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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 06:50

Le Parti socialiste organise à Ligugé le 28 septembre prochain un débat sérieux sur le thème de la droitisation de l'opinion.

Droitisation de l'opinion, sans doute.

Il faut dire d'entrée, d'une part, qu'il y a pléthore aujourd'hui d'instituts de mesure de l'opinion, certains mesurant même dans une dynamique gigogne l'impact des sondages sur les sondés (!); c'est l'ère des parasites médiatico-politiques qui ne vivent que des miasmes de commentaires, et dont on crève puisque l'esprit en est obstrué en permanence.

Il faut ajouter, d'autre part, que l'opinion par le sondage volatile s'est substituée à l'expression politique par le vote statique (au bout du compte ne votent plus que 40% des gens, parfois moins ici ou là, et combien parmi ceux-ci en maîtrisent-ils intellectuellement les données?).

Sous ces réserves, l'air de ces mesures d'opinion sent en effet la droitisation, au sens de repli sur soi, d'identité française estampillée, de rejet de l'altérité, d'invocation de l'ordre, de recherche de boucs émissaires, etc...

Les causes?

J'y vois essentiellement la fin des mythologies (au sens de Georges Steiner, in Nostalgie de l'absolu, "un tableau complet de l'homme dans le monde"), l'impossibilité pour nos leaders de gauche d'engager les hommes et les femmes de ce temps dans un discours généreux d'aventure, dans un dessein civilisationnel d'envergure, dans une histoire -oui, une histoire-, une épopée. Je dirais que François Beyrou, agrégé d'histoire, est pratiquement le seul à avoir compris cela. Trot tôt. Max Gallo aussi, dans son ancienne bonne période.

Quand la politique en est réduite à de la gestion de boutiquier, à des taux, à des taxes, à des arrêtés, à des contre-dispositifs, à des négociations pitoyables entre clans pour l'attribution de maroquins, il n'y a pas de place pour un destin national et encore moins européen; faute de rêves, l'opinion constituée de citoyens ceinturés, pressurés, se rabat sur ce qui est le plus facile (puisqu'elle ne peut s'en prendre à ceux qui sont élus et donc ... qu'elle mérite): le découragement, la vindicte, la recherche de responsables de nos maux, l'étranger, le chômeur profiteur, celui qui est différent, dans un état délétère de dénonciation.

La droitisation est un réflexe, plus facile que la gauchisation, qui exige une élaboration, puisqu'elle n'a pas besoin de discours, d'histoires, de vocabulaires, d'intelligences et de sensibilités, de cultures, mais seulement de harangues, de slogans et de hoquets.

La droitisation de l'opinion sonne aussi le glas des intellectuels, dont quelques imitateurs ne sont plus que de pseudo-aventuriers cosmétiques.

Une réaction positive ne pourra venir que de la mise en place géante et simultanée de la démocratie locale par l'appréhension la plus territoriale possible de nos problèmes et par l'envie de redonner aux habitants le goût de la délibération, laquelle passe par le discernement.

Une grande loi, vite,sur ce sujet, préparée par un débat d'un an dans tout le pays. Qui a dit "l'universel, c'est le local, moins les murs"?

 

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Published by Gilles MICHAUD - dans Billets d'humeur
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