Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Défendre notre territoire

Gilles-2.JPG

Me contacter

Comité de soutien

Jean-Michel BAYLET

(Président du PRG, ancien Ministre, Sénateur, Président du Conseil Général de Tarn et Garonne)

Dominique ORLIAC

(Députée du Lot)

Sylvia PINEL
(Députée du Tarn et Garonne)

Roger-Gérard SCHWARTZENBERG

(Vice-Président du PRG, ancien Ministre)

Marcel BOURGAREL

(Président d'une association caritative)

Philippe CALMEL

(Ancien Directeur de la Maison pour tous de Châtellerault)

24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 04:08

C'est ainsi que s'intitule le premier chapitre du livre fameux de Franz-Olivier Giesbert chez Fayard ("L'animal est une personne. Pour nos soeurs et frères les bêtes").

Perdican est le nom du bouc qui fut le sien dans son enfance à la campagne, l'un des jumeaux de Rosette la chèvre qui lui avait été offerte; tant que le chevreau fut chevreau il resta aimable, joueur, intelligent, complice, plaisant.

Puis la génétique le faisant devenir bouc, Perdican devint stupide, menaçant et dangereux au point qu'après délibération familiale il fut exécuté par le chef de famille et un assistant spécialisé.

Quand le jeune Franz, le lendemain au lever, ouvrit le réfrigérateur et découvrit les plats contenant la chair de défunt Perdican, ce fut pour lui effroyable.

L'affaire Perdican m'a rappelé mon "affaire Willy"; quand j'avais inauguré mon pré, vers 2002, un ami me fit apporter ensemble un jeune bêlier et une ânesse, dont le nom était Starlette; celle-ci était de taille modeste, adorable, aimante, intelligente; mais le bêlier, en grandissant, devint franchement "con", y comprit avec moi qui lui apportait pourtant sa nourriture; il "embêtait" Starlette, mais l'ânesse, svelte, lui envoyait quelques coups de sabots dans le museau qui le faisaient réfléchir et parfois saigner; jusqu'au jour où, en traître, le bêlier -dont je veux enfouir le nom- prit Starlette aux pattes arrière, la déséquilibra et lui pulvérisa les reins de charges successives; j'ai veillé Starlette une nuit d'été, au sol, lui donnant avec des baisers quelques feuilles d'acacias, les dernières; ses yeux ... ; au matin, le vétérinaire vint, et ce fut la fin.

Le bêlier, mis à part, comprit qu'une corrida se préparait quand trois hommes entrèrent en ordre dispersé dans le pré, et ce fut en effet une corrida, terminée pour ma part en rugby, plaquant le mouton mâle au sol, qui se démenait violemment; on l'attacha aux quatre pattes et son sort fut celui que vous devinez.

Pour ne pas faire deuil trop longtemps, on m'apporta une nouvelle ânesse, Ninon, baudet costaud, et une brebis pleine, Zoé, qui, un matin froid, mit au monde deux agneaux; je découvris l'un des deux, chétif, abandonné sur un tas de fumier, pendant que l'autre têtait aisément sa mère; nouveau placage de rugby pour forcer Zoé à laisser son faible rejeton la têter pour être immunisé; je pris Willy ("Il faut sauver Willy") dans un petit édredon, le réchauffant devant la cheminée, lui donnant un biberon de lait un peu sucré, le laissant se reposer dans l'ancien parc à bébé des enfants, avec de la paille; chaque jour, pendant une semaine, j'allais plaquer Zoé pour obtenir une têtée contrainte.

Willy grandit et se comportait avec moi comme un petit chien, enroulé à mes pieds le soir, sur le tapis, quand j'écrivais, se promenant tranquille dans le jardin, subtil accompagnateur; devenu gaillard il regagna l'étable avec sa mère et sa soeur, règnant sur le site avec une supériorité culturelle évidente; quand j'arrivais du travail, je sifflais, ou j'appelais "Willy" et le petit bêlier arrivait en fonçant avec affection.

A 18 mois, je ne voulus plus connaître par anticipation la même épreuve qu'avec Starlette; un paysan de Besse recherchait un bêlier, il vint à la maison avec sa 4L fourgonnette, j'aidai moi-même à installer Willy qui se laissa faire, et j'eus le coeur gros. Comme aujourd'hui.

Des bêtes à chagrin.

Partager cet article

Repost 0
Published by Gilles MICHAUD
commenter cet article

commentaires