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Défendre notre territoire

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Philippe CALMEL

(Ancien Directeur de la Maison pour tous de Châtellerault)

1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 09:00

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Jeudi 31 janvier dernier, Gilles MICHAUD a été invité par l'association les Châtelleraudais réunis pour débattre de l'économie locale et de l'industrie avec plus de 150 personnes.
Pour celles qui n'ont pas pu assister à la conférence débat, voici le contenu de son intervention :

CHATELLERAULT ET LA MONDIALISATION

MENACES ET OPPORTUNITES

 

Débat public du 31 janvier 2008 - salle Camille Pagé

 

Introduction à la soirée

 

Comme toujours dans cette campagne je déplore la quasi ignorance par la presse de l’annonce de cette soirée ; c’est pourquoi je vous remercie d’être venus si nombreux.

Dans mon discours du 9 janvier dernier, j’avais interpellé le public sur la nécessaire question des liens de notre ville avec TOURS, avec POITIERS, avec PARIS et même avec le monde ; nous y voici, au coeur même des préoccupations de nos concitoyens notamment en termes de sauvegarde de l’emploi.

 

Ces craintes ne sont pas nouvelles : les ont partagées près de chez nous les tisserands des troglodytes de SAINT REMY, les producteurs de chanvre de la vallée de l’Envigne, les plumeurs d’oies de chez MASSONNEAU, les mégissiers de la Boivre à LAVAUSSEAU,  les Manuchards,  les filles de chez BEAULU -confection-, les gens de chez GALLUS ; peuvent avoir peur les gens de chez VALEO dont beaucoup de sites sont supprimés en FRANCE.

 

Une entreprise, ici ou ailleurs, a nécessairement des liens avec le monde : par la composition éventuelle de son capital,  par le recours à des matières premières dérivées des bois tropicaux ou du pétrole par exemple, par l’utilisation de machines fabriquées ailleurs,  par ses exportations, par le recours à de la main d’oeuvre étrangère sur notre sol ou au-delà ; et de fait dès lors que tous les paramètres ne sont pas maîtrisés, le risque est grand, localement, de la perte d’emplois ; je prends rapidement quelques exemples :

 

1. le coût des matières premières peut devenir prohibitif au point de mettre l’entreprise en grande difficulté ; je me souviens d’une société du nord Deux-Sèvres, performante, spécialisée dans la confection de caissons légers en bois provenant d’Amérique du Sud, qui dut subir les effets de la reconstruction de la Louisiane dévastée qui absorbait pratiquement toute la production de bois,

 

2. les donneurs d’ordre les plus importants choisissent des pays où la main d’oeuvre est moins chère avec un travail qui commence à devenir de grande qualité ; toujours par rapport au nord Deux-Sèvres, je pense aux secteurs sinistrés de la confection de luxe ; l’entreprise locale, vidée de sa substance, disparaît car elle ne parvient pas à se reconvertir sur d’autres produits,

 

3. les dirigeants et actionnaires choisissent délibérément la délocalisation totale ou partielle du site dans un des pays émergents où le coût de la main d’oeuvre est moins cher et où les aides à l’installation peuvent être attractives ; à l’étranger l’exemple du Finlandais Nokia est le plus récent et le plus caricatural : le site de BOCHUM en Allemagne, conquis par des fonds structurels européens, va disparaître au profit d’un site roumain, lequel bénéficie de fonds européens destinés à favoriser son industrialisation, sans que Monsieur Manuel BARROSO ne s’en offusque.

 

4. des secteurs entiers de notre histoire industrielle, et de notre histoire tout court, disparaissent parce que nous n’avons pas su anticiper, au-delà des coûts, d’autres modes possibles de production : c’est le cas de nos champignonnières en caves, qui fermeront toutes, au profit pour les coûts de la Pologne (des gens modestes produisent les champignons dits de PARIS dans leur propre cave de maison et la conserverie vient ramasser au bout de trois semaines) et pour les coûts et l’innovation au profit de la CHINE, qui fait sa production sous serres.

 

J’en viens ainsi à notre engagement politique : comment une collectivité publique, comment des collectivités publiques peuvent-elles agir sur ces difficultés ?

 

Pour nous il est important de ne pas subir, et donc il est primordial d’anticiper :

 

1. anticiper sur les infrastructures par une ville et une agglomération qui soient en mesure de conserver les entreprises présentes, de permettre leur agrandissement et d’en accueillir de nouvelles : cela veut dire d’une part des terrains viabilisés, accessibles et d’autre part une ville agréable, où notamment les cadres trouveront pour leurs familles ce qu’on est en droit de revendiquer en matière d’urbanisme, de culture, de commerce, de loisirs, d’études, de sports : rendre la cité attractive, et notre programme est au coeur de cela,

 

2. anticiper sur la politique de soutien aux entreprises par la création d’un poste de vice-président de l’agglomération en charge des jumelages économiques et sociaux avec les pays émergents en la personne de Laurent TROUVE sous les réserves d’usage du vote au sein de l’Agglo ; il faut sortir de la jérémiade châtellero-châtelleraudaise, se secouer, prendre son bâton de pèlerin, créer un service spécifique à l’Agglo et se mettre en contact avec nos deux villes proches, TOURS et POITIERS, qui, comme le Conseil Général de la Vienne, ont des liens très forts avec la Chine, avec LOUDUN, qui sans publicité travaille bien avec le MAROC ; la richesse de notre équipe est de compter par exemple Michel LEROUX, directeur technique national des arts martiaux chinois, qui se rend régulièrement en CHINE et a déjà pris des contacts de rapprochement avec une agglomération de 250 000 habitants, qui connaît bien notre ami André GARNIER, PDG de la SIT,  lequel travaille déjà sur le nucléaire avec la CHINE et accompagnait le Président SARKOZY en INDE, par exemple encore Saïd EL BADRI qui entretient des liens privilégiés avec le MAROC où des contacts sont noués à côté de RABAT ; mais il faut travailler aussi avec la ROUMANIE que beaucoup de Châtelleraudais connaissent, où le français est une langue pratiquée, où l’entreprise GIRON est également installée, avec les pays Africains quand d’excellents étudiants maliens, par exemple, trustent les meilleures notes de l’IUT Mesures Physiques.

Nous devons échanger nos étudiants, nos ouvriers, nos agents de maîtrise, nos ingénieurs, nos décideurs, nous ne pouvons plus rester dans notre forteresse délabrée de CHATELLERAULT mais nous ouvrir au monde : c’est politiquement incontournable et humainement, culturellement, économiquement recommandé.


 

3. anticiper en étant vigilant sur le niveau de formation dispensé dans notre ville : le site de GANDRANGE en MOSELLE, appartenant à ARCELOR-MITTAL va licencier plusieurs centaines de personnels et l’une des explications objectivement reconnue consiste dans la mauvaise formation des jeunes recrutés à la place d’anciens partis en retraite : il a fallu refaire de nombreuses pièces coûteuses de métallurgie ; je m’inquiète de la réforme du bac pro qui va supprimer les BEP ; cette réforme va éliminer les élèves les plus en difficultés, ceux qui choisissaient par défaut, mais qui parvenaient à faire leur place dans l’entreprise au sein de la quelle ils pouvaient progresser ; la plupart ne tiendront pas le niveau exigé pour un bac pro désormais en 3 ans au lieu d’un schéma qui pouvait être pour beaucoup 2 ans de BEP plus 2 ans de Bac Pro ; à terme notre Lycée du Verger est menacé et je parle sous le contrôle de Catherine ALIX, CPE dans cet établissement et colistière ; ses sections vont passer l’an prochain de 24 élèves à 15, c’est-à-dire que l’émulation va baisser ; tout cela n’est pas bon pour notre ville ; il va donc falloir déjà chercher des filières de compensation et le recours massif à l’apprentissage -très prisé par les chefs d’entreprise qui en sont les veilleurs- ne va pas résoudre tout.

 

4. anticiper sur la fin de l’ère industrielle pour CHATELLERAULT puisque beaucoup se joue sur le coût de la main d’œuvre, au profit de la production de biens immatériels (communication, bureau d’études, etc…) ; les licences professionnelles mises en place à Tech. de Co. et à Réseaux et Télécommunications vont en ce sens ; CHATELLERAULT a vocation à développer la matière grise, avec un élu de choc, Fabrice AZOULAY…

 

5. anticiper sur les problèmes de transports ; il ne faut pas se leurrer sur les raccrochages au LGV, mais déjà nous devons nous battre pour bientôt compter sur une sorte de TER – Métro TOURS – CHATELLERAULT – FUTUROSCOPE – POITIERS, surtout si l’on continue à travailler dans l’équipe autour d’un centre d’affaires dans le quartier de la gare -côté Est-.

 

Je vais essayer de terminer par une note optimiste : le 7 février, s’ouvre le nouvel an chinois et l’année du rat -le rat qui est un animal opiniâtre (“patience et longueur de temps font plus que force ni que rage”...), qui récupère tout, survit à tout ; le rat est un exemple à suivre.

 

Je vous remercie.

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Published by Gilles MICHAUD - dans Politique locale 2008
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